dhagpostory 1976, il était une fois ...

dhagpostory 1976, il était une fois ...

...à Dhagpo-Kagyu-Ling 1976, le début..... et l'Art sacré du Tibet.



 

 

 

 

 Chant à Dhagpo Kagyu Ling

 

  Hommage !

 

 

(1.)* Dhagpo, terre bénie par le Bouddha lui-même.

(2.) Dhagpo, très haut dans le ciel au sommet de l’éclosion humaine.

Dhagpo, en silence et humblement nous accueille sagement.

 

Qui veut rencontrer le saint poète Milarepa

(3.) Dans la vallée de l’ancien homme

Qu’il y vienne et là, le verra certainement.

 

Qui veut manger de sa nourriture et rester en silence,Lama-Photo-70.jpg

Dans la vallée de l’ancien homme,

Qu’il y vienne et là, trouvera contentement.

 

Qui veut la demeure du grand Yogi et l’ombre de la solitude,

Dans la vallée de l’ancien homme

Qu’il y vienne et là, trouvera son Refuge.

 

(4.) Notre Lama, par ses mille facettes nous regardant

Montre les mille aspects

Par lesquels les Bouddhas et Bodhisattvas en émanent.

 

Notre Lama, par sa bonté et sa Compassion infinie

Nous libère de la saisie à un soi

Il nous montre l’activité des Bodhisattvas.

 

Notre Lama, par sa joie et sa spontanéité d’être

Nous montre l’irréalité des phénomènes

Son illusion, comme un rêve, un mirage.

 

Notre Lama, par sa méditation et son exemple

Nous libère de notre ignorance

Il nous guide sur le sentier de non-retour.

 

Venez, à Dhagpo !

 

(5.) Dans la vallée ancienne

Goûtez-y sa saveur !

(6.) De simples gens en apparence

Cheveux en broussaille, vêtements en haillon

Puant la bonne terre et l’herbe mouillée

Vous rencontrerez.

 

(7.) Couchant à même le sol ou sur des litières usées      

Travaillant sans outils ou presque

Ne sachant que faire où aller

 Etonné, vous serez.

 

Ne manquant pas à la prière

Ecoutant la bonne parole

Le regard souriant et rêveur

Vous accueilleront

 

Le dieu de la richesse nous met à l’épreuve

Mais le Lama nous comble de sa propre richesse.

 

Dhagpo, lieu éternel et pourtant incertain par l’impermanence du cosmos

Le changement des choses le Lama nous le montre. Malgré le tourbillon des six mondes

(8.) Nos cœurs restent fidèles à la pensée de Dhagpo et de son saint Yogi….

 

Nous portant au-delà de nos chaînes

Vers la demeure de celui qui sait

Notre Lama Racine se fond en nous et nous mourrons en son sein

Plus grand que l’infini et plus petit que l’invisible

Nous restons là, libres et paisibles.

 

Venez à Dhagpo !

Dans la vallée ancienne

 Vous trouverez la citadelle de Milarepa

 

(9.) Médiocrité de ce chant, que le Lama pardonnant, me fasse goûter  son élixir de grâce

Que les cent syllabes rayonnent dans l’espace !

 

Spontanément une pensée s’est figée dans mon esprit, libre à son cours elle s’en est allée

Ainsi née, elle est apparue connue de tous.

 

Année 1976, Chant à Dhagpo Kagyu

*(1.) Éclaircissement du texte : Hommage. 

1. Bénit par le XVI ème Karmapa.

2. Il y a 2500 ans le premier homme fit son apparition.

3. Vallée de la Vézère, en Dordogne.

4. Sans aucun doute le très vénérable Guendune Rimpotché.

5. Ancienne terre des hommes de la préhistoire.

6. Le petit monde de Landrevie (Dhagpo).

7. Une vie très précaire.

8. Guendune Rimpotché, considéré par sa réalisation à celle de Milarepa.

9. Allusion à une écriture très ordinaire, sans réalisation et guidé par l’ignorance, ce chant peut être

 un grand mensonge  mais l’auteur voulu essayer de transmettre avec le cœur quelque chose de beau ;

 alors peut-on le pardonner ? 

 

 

 

 

 

                           Le chemin à suivre pour aller au Centre tibétain.

 

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« …1976, accompagné de Frizou un ami de longue date, le centre tibétain

Dhagpo-Kagyu-Ling, nous le trouvâmes situé près du village le Moustier,

dans le Périgord noir. »

 

« …Nous cheminons jusqu'à ce petit village rustique, qui nous accueille

de son  été très chaud.  A droite du village nous empruntons une petite route

   au prolongement de la boulangerie de Delbost, un panneau nous indique

le chemin à suivre pour aller au Centre tibétain… »

 

 

 

 

 

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                   Une présence radieuse nous accueille, un moine tibétain !

« …Accompagné par nos pas hésitants, sur le long du chemin se dressent de grands mâts drapés par des tissus à prières des cinq couleurs, blanc, rouge, bleu, jaune et vert, qui flottent avec grâce. Au bout de ce chemin nous voyons une vieille ferme périgourdine, petite, très humble par sa stature, elle est là, figée, nous étions là aussi , figés, hors du temps ; en nous en approchant… quelle surprise ! Dans la cour de terre battue une présence radieuse nous accueille, un moine tibétain, un vrai ! Son visage rayonne comme la pleine lune, il nous fit un signe amical, ce simple moine n’était autre que le responsable du lieu, Lama Jigméla, frère d’un très grand régent à la tête du bouddhisme tibétain. »

 

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Maison des Lamas, à l'angle la cuisine et le réfectoire 1976.

 

 

 

 

                                                                                                                                       Lama Jigméla                                     

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                                                     Dhagpo dans la gadou !                         

 

 

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Hippies days...à notre arrivée, max et Frizou.

 

 

                                                                                                                                                 

Un grand chaudron nous servait à chauffer l’eau.

« …Un interprète anglais nous donne son concours pour la traduction, nous demandions au moine tibétain la possibilité de rester ici pour un mois et participer aux tâches quotidiennes de la communauté, avec joie il nous accepta comme résidents potentiels.

 De là nous déplions nos bagages et empruntons un escalier de fortune accessible de l’extérieur, nous montons au grenier (au-dessus des logements des Lamas tibétains).  Déposant notre attirail, nous essayons tant bien que mal de nous faire un espace pour nous y installer. Le plafond étant bas, il fallait faire attention aux poutres transversales. Sans eau, ni électricité, nous devions nous accommoder du grenier très chaud l’été et très froid l’hiver ; les nuits, nous étions en bonne compagnie avec les souris ; malgré ces inconvénients, nous étions très satisfaits de notre nouvelle demeure.

Par la suite, pour éviter que cela ressemble à un espace pour collégien, nos compagnons de dortoirs et nous-mêmes avons construit des cloisons en carton entre nos duvets ; cela donnait l’illusion d’un petit chez soi plus intime pour chacun, des couvertures et des draps étaient dressées en guise de porte. Tout était plus que rudimentaire, le seul point d’eau pour effectuer  nos ablutions matinales était ce petit robinet en cuivre, donnant sur la cour près de la porte d’entrée de la maison des Lamas. Pour les bains du dimanche, un grand chaudron nous servait à chauffer l’eau avec des fagots de bois, un abreuvoir recevait cette eau bien précieuse, le tout couvert par une épaisse toile de tente, une vraie salle de bain à la "cow-boy". Les toilettes étaient dans le champ d’à côté, un trou à même le sol couvert par un toit de fortune à deux pans, que l’on déplaçait au fur et à mesure quand sa fonction était un peu "débordante". Malgré cette précarité, nous souhaitions rester dans ce "paradis terrestre" pour toute notre vie. »

 

 
 Dhagpo 0. F.jpg                                  premiere salle de bain dans la cour. 1976.jpg 

Nous empruntons un escalier de fortune                                                        Point d'eau principal et notre salle de bain.

accessible de l'extérieur.

 

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                             Au centre Paul Karwandy , premier moine de Dhagpo.


  

Guendune Rinpotché grand Yogi inestimable de cette époque.

« …Une dizaine de résidents étaient à nos côtés ; on  partageait cet espace et les tâches de la communauté.

Tout ce mois d’août passé auprès de ces êtres extraordinaires, ces Lamas tibétains, nous apportait une solide résolution qui alimentait notre souhait d’origine ~ connaître le sens de la vie, suivre les enseignements  d’un maître spirituel et vivre à ses côtés ~.

            Avec grand bonheur nous réalisions que de vivre dans ce lieu que j’appellerais  "le petit Tibet", de ces rencontres avec ces Lamas, dont l’un nommé Zigpen-la qui était d’une douceur et d’une attention toutes particulières, comme une mama, l’autre Lama,  Pounsté-la l’humble et dévoué serviteur du Maître du lieu qui par son attitude très ordinaire et  sa discrétion est un grand boddhisattva, et enfin de notre Lama de Refuge, Guendune Rinpotché, grand Yogi inestimable de cette époque, sa grâce, sa gaieté et  sa grande compassion ne pouvaient laisser quiconque dans l’indifférence ; il était l’exemple parfait d’un Bouddha au service de tous les êtres, sans exception. Ces rencontres chargées de bénédictions, dans nos cœurs restent vraiment inoubliables. »

 

                                                                    

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Lama Nichou et Rimpotché.

 

 

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En apparence tout ceci paraissait bien tranquille.

« …Les semaines, les mois se suivirent comme étant hors du temps, la notion de la vie extérieure du Centre était invisible à ma conscience. Intérieurement, j'étais coupé, déconnecté du mouvement du monde, en apparence tout ceci paraissait bien tranquille, pourtant la vie en communauté est une expérience hors norme. Manger, travailler par tous les temps. Vivre avec les autres, en y ajoutant un zeste d’ignorance, une tranche d’orgueil et une pointe de colère, le tout mélangé à plusieurs individus, cela donne une bonne crème de travail à faire sur soi-même. Grâce à notre  pratique de la méditation quotidienne, nous essayions d’apaiser nos pensées conflictuelles afin de changer non seulement la face du monde et des autres, mais aussi la face de notre propre état d’esprit, un vaste programme à partager entre nous. Notre guide à tous, Lama Guendune Rinpotché, était bien là ! Pour subjuguer par sa présence radieuse tous nos petits maux journaliers. »

 

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 L'équipe de résidents 1976.

 

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Max & Lama Siponla 1978.jpg

 ...au côté de Lama Zigpon-la.

 

 

 

 

Par moments la nourriture se faisait rare.

« …Dans la petite cuisine enfumée par le vieux poêle à bois, nous étions blottis à ses côtés, nous nourrissant

de sa flamme ; de temps à autre nous partions à nos tâches communes sans rien dans le ventre ou presque ;

ne parlons pas du manque de pelle,  de pioche ou autres outils, pour faire les travaux, il fallait bien attendre son tour pour utiliser la pelle ou le marteau, quel souvenir!

         …Ce fut la période où certains d’entre nous devaient partir travailler à des emplois saisonniers afin de subvenir aux dépenses de la communauté. La nourriture se faisant rare, nous devions aller au supermarché de Montignac,

et avec l’accord du gérant nous remplissions nos caddies de nourriture périmée, ce qui nous faisait un peu d’économie, heureusement parfois le potager alimentait agréablement nos assiettes. Aussi, nous avons essayé de remettre une ancienne vigne à "Chabant village", celle-ci n’a donné qu’une seule fois ; il fut un temps où nous fabriquions aussi d’excellents jus de pommes que nous revendions pour une somme modique. Ainsi, chacun à sa façon faisait son possible pour alimenter le soutien utile à la communauté, afin que celle-ci soit la plus agréable possible et qu’elle apporte aux Lamas tibétain le nécessaire dont ils avaient besoin. »

 

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 Ancienne cuisine Viviane Lucie BabaTsonyi Frizou.jpg

           ...dans la nouvelle cuisine; Viviane, Lucie, Baba, Francis (Lama Stonyi) et  Frizou

  

                                              

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 Notre poulailler pour la récolte des œufs, en arrière plan la cuisine / réfectoire et la salle de bain.

 

 

Baba-cools, fous, devins, mystiques à la recherche de…

« …Enveloppés de nos habits multicolores, couverts de nos couvertures en guise de cape "sacré Gaulois", on avait l’air de venir d’une autre époque. Cromagnon, baba-cools, fous, devins ou mystiques à la recherche de… Ce cocktail que formait de ce petit monde que les bienheureux Lamas avec leur patience et leurs bontés infinies devaient supporter. Les jours et les mois de la vie du petit groupe que nous formions autour du Maître spirituel, se déroulaient sur un fond d’activité hasardeuse, accompagnée par une dévotion sans bornes pour notre Lama-racine. » 

 

 

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      Dhagpo 1976 Erik Max et Evelyne (max DR).jpg
                                                                              

 

  Tulku Erik (canadien), max et Evelyne 1977

                                                                                      

  Oumséla Jigméla... Jean pierre ChemontelEvelyne Ket Besson. 1976 (28).jpg     

 1975 / 76

 

 Côtes de JordGroupes Dhagpo Nov 1979.jpg

 1979

 

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 1981

 

 

IL nous préparait quotidiennement le fameux thé tibétain et la stampa.

« …Le temple de Dhagpo attenant à la salle à manger et à la cuisine des Lamas, (actuellement le salon/temple, de Lama Jigméla) dont l'espace simple et rudimentaire ne pouvait contenir sans y être trop serrés qu'une quinzaine de personnes ; c’est dans cette petite pièce que se déroulaient tous les offices, initiations et enseignements dirigés par Rinpotché. »

« …Pour ne pas être béats devant les textes tibétains sous-titrés en phonétique, et en comprendre le sens grammatical, certains d’entre nous souhaitaient connaître la langue tibétaine et sa très belle écriture. Lama Zigpen-la qui était un très bon professeur dispensa son savoir à notre petit groupe qui suivait ses cours. Serrés autour de la table de la salle

à manger, nous étudions en écrivant et en chantant les syllabes comme le veut la tradition ; presque tous les soirs,

je suivais l’étude que j'appréciais pleinement. De temps à autre Zigpen-la nous préparait le fameux thé tibétain et la stampa (orge grillée et moulue) mélangée avec du thé ou du lait, que nous avalions sans modération; parfois sans que nous nous y attendions, avec son air rondissant et son visage souriant, habillé de sa fine moustache et de sa petite barbichette, il nous prenait la main en signe d’affection et aussi par protection, car il savait voir au- dedans de nous, nos préoccupations mondaines et notre souci d’arriver à l’état de Bouddha en cette vie. Parfois il nous tirait amicalement le menton comme pour nous dire «t’inquiètes pas!», «tu as bien travaillé!»

De même, le serviteur de Rinpotché lama Pountsé-la et Rinpotché lui-même  nous apportèrent ces signes de bienveillance, nous étions tous émus et à la fois un peu gênés par ces contacts peu habituels, qui résonnent comme une chose profondément humaine . »

 

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    Lama Zingponla.

 

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1976. Le premier temple dans la maison des Lamas, actuellement le salon de Jigméla.

Baba, Zigponla, Geundune rinpotché, Patrick, Max, Evelynes.

 

 

Rinpotché pouvait toujours nous surprendre là où nous étions.

                        « ….Les journées de labeur accompagnées par le vent de quelques émotions distraites ou par une sérénité contenue dans l’esprit du contemplatif, quoi que nous fassions, où que nous soyons, Rinpotché pouvait toujours nous surprendre là où nous étions, dans l’atelier, dans le jardin ou au réfectoire ; il nous prenait la main comme pour nous rassurer ou nous encourager à continuer notre chemin spirituel,  pour affermir notre renoncement

à ce monde distrayant et remplit d’embûches. Sacré personnage ! L’un de ces grands contacts inhabituels fût celui qu’il nous donnait, en posant ses mains sur notre tête, recevant ainsi en psalmodiant ses mantras et ses prières, front contre front sa profonde bénédiction pleine de tendresse, la plus élevée que nous pouvions recevoir. »

 

 

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Construction du nouveau réfectoire et cuisine, au repos Frizou et Lama Stonyi.

 

 

Tous les matins, Lama Pountsé-la nous réveillait de son gong.

« …Nous avions beaucoup de chance de recevoir Guendune Rinpotché pratiquement à tous les offices, avec Zigpen-la et Pountsé-la qui dirigeaient les pudjas d’une manière très lente afin que nous, débutant, puissions suivre sans difficulté la liturgie des prières tibétaine. A l’aurore Pountsé-la nous réveillait de son gong en le frappant énergiquement pour "l’appel à la prière". Pendant l’office du matin nos pensées étaient bien souvent en vadrouille

en direction de la cuisine et attendions impatiemment avec frugale retenue, l'heure du petit déjeuner; le bon pain de chez Delbost ~notre boulanger attitré depuis de nombreuses années~ tartiné avec de la compote de pommes, trempé dans le café ou le thé au lait bien chaud, cela réchauffait notre corps au temps des rudes hivers, avant de vaquer à nos occupations quotidiennes.

De temps à autre nous allions voir Yves surnommer "Baba" un des pionniers de Dhagpo, doté d’une très grande foi pour Guendune-la. Il nous invite dans son quartier général dans la grange du bas, ~qui nous servait aussi d’entrepôt et d’atelier~, sacré Baba, il nous racontait ses histoires, et était fier de nous montrer son antre magique élevé par le son de sa musique new-âge et de Jimmy Hendrix, il collectionnait toutes les photos qui ont un rapport avec l'histoire de Dhagpo-Kagyu-Ling, qu'il épinglait soigneusement sur les murs de l'atelier. Par le temps qui file la poussière donnait à ce lieu un air de vieux musée à l'ancienne, avec ses machines à bois des années 1930 et des meubles de récupération. (Malheureusement l'impermanence des choses souleva nos esprits dans la pratique vivante des enseignements sur l'impermanence, l'atelier brûla en l'année 2001, rien n'a pu être sauvé, sauf Baba).

Avec nostalgie ma mémoire se comble de cette époque révolue, d’ailleurs Lama Jigméla nous a bien dit à ce moment là: «…de profiter de ces moments que nous vivions ensemble car un jour ces conditions ne serons plus les mêmes».

Dès lors, cela me fit penser à la situation privilégiée que nous avions eues d’être en contact permanent autour d’un Yogi, comme Milarepa qui était au côté de son maître Marpa. De l’extrême bon karma de chacun, d’avoir reçu

de nombreuses initiations, de ce lien inexprimable, de la grande bonté de Rinpotché qu’il nous donnait sans compter. A vrai dire nous ne savions pas trop pourquoi Lama Jigméla nous avait lancé cette phrase.  Pour nous il était impensable que Dhagpo prenne un tel essor Européen. Dans nos petites têtes cela nous suffisait à nous même, ce petit monde, cette petite famille du Dharma, ce groupe de disciple, ce noyau qui entourait notre guide spirituel auquel nous essayions de satisfaire le mieux que l’on pouvait par notre travail ou par notre pratique pendant tant d’années, Emaho! Quelle bénédiction!!

 

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                            Le 16 ème Karmapa.

       « En 1977 de grands travaux ainsi que de nombreuses préparations s’ensuivirent pour recevoir le Galwa Karmapa Rigpai dordjé, chef spirituel de l’école Kagyupa. Le modeste petit temple fut transposé dans l'ancienne grange en face de la maison des Lamas (qui devenait le temple actuel). Lama Jigméla nous consulta tous, afin de préparer la venue de sa Sainteté, il nous demanda expressément de construire le nouveau temple, ainsi que l’autel et le trône pour recevoir la cérémonie de la coiffe noire. Lama Jigméla souhaitait donc trouver parmi nous des personnes habiles à faire cela, après un moment d’hésitation frizou et moi-même ayant eu dans notre complicité la même pensée, levèrent la main

et répondaient : « je connais un peu le travail du bois, je pourrais fabriquer l’armature du trône ! » et j’enchaînais 

« je sais un peu dessiner, peut-être pourrais-je réaliser la décoration du trône !  ». Ainsi pendant que certain construisait le nouveau temple, Baba, Frizou et moi-même préparions le trône de sa Sainteté… »

 

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Sa Sainteté le Galwa Karmapa 16ème. 1978

 

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Les deux dragons, les joyaux, les lions et la roue du Dharma.

« …un jeune tibétain, du nom de Judjor, peintre de thanka  résidait à Dhagpo, il m’aida à ce travail qui, pour moi était encore inconnu il me dessina les motifs : les deux dragons, les joyaux, les lions et la roue du Dharma, ensuite il me conseilla de rendre visite à Pawo Rinpotché pour recevoir plus ample conseil sur les couleurs et par la même occasion recevoir sa bénédiction. »

 

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 Lama Guendune Rinpotché et Pawo Rinpotché.

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A. Sculpture du trône 16ème Karmapa 1977. Max.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

       

                         ...sculpter le trône. 1977

 

 

 

 

 

 

  Pawo Rinpotché.                                                                                                       

 

« Judjor nous conduisit à cinq kilomètres de Dhagpo,  à Plazac dans la demeure de Pawo Rinpotché;  accueillis par un Lama proche, il nous accompagnait jusqu’à la chambre de Rinpotché. Il était assis sur son lit comme-ci, depuis un moment il nous attendait, derrière lui je remarquais une grande fenêtre recouverte d’un rideaux jaune translucide, auquel des rayons du soleil passaient au travers, illuminant ainsi Pawo Rinpotché d’une lumière orange, un ton surréaliste d'un goût bien étrange de sérénité propre à l’atmosphère himalayen, qui enveloppait cet endroit paisible. Il nous fit signe de nous asseoir en bas de son lit sur un tapis rouge aux motifs traditionnels. Le jeune Judjor déroulait ses dessins et commentait le projet de décoration du trône. Pawo Rinpotché nous donnait quelques directives sur l’application des couleurs, Judjor prit note sur son carnet, je les écoutais très attentivement, sans comprendre leur superbe langage chantant, propre aux tibétains. Après quelques politesses et recevant sa bénédiction nous prîmes congés, nous sortîmes de sa chambre avec un peu d’hésitation, j’étais si bien dans cette atmosphère de paix. Tout un  monde !  Désormais j’avais tous les éléments en main pour parachever la sculpture et la peinture du trône, maintenant à moi de jouer ! ...Accompagné par tous ces grands maîtres au-dessus de ma tête, avec beaucoup d’énergie, je me mis au travail. »

 

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 Lamas en pose, avant les préparatifs de la cérémonie de la coiffe noire.

 

 

 

Sa douceur impressionnait, un Bouddha vivant en somme.

« Enfin, tout était prêt pour recevoir la visite de sa Sainteté, le trône sera installé dans la cour de la ferme.

De jour en jour un nombre impressionnant de personnes venues d’ici et d’ailleurs affluait vers Dhagpo-Kagyu-Ling.  Le 16ème Karmapa, qui aura ses appartements au Château de Chaban, arrivait à bord de sa limousine noire, Il descendait majestueusement de son véhicule et longeait le chemin en terre battue décoré des huit symboles auspicieux, en direction de la maison des Lamas Il avançait avec assurance, accueilli par le son des trompettes tibétaine et de la fumée d’offrande.

Traversant la cour de son pas imposant et léger à la fois, et paraissait flotter dans l'air, sa grâce et sa douceur impressionnaient, un Bouddha vivant en somme. »

 

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Dhagpo 16 ème Karma et Lama Singpenla. 1977.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sa Sainteté le XVI ème Karmapa.

 

   Château de Bernard Beson avant réfection1978 (frizou).jpgBernard Bensson au Château de Chaban 1977 (revue max)).jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Château de Chaban 1975.

  

 

              Bernard Benson, donateur des terrains de la côte de Jord.

 

 

La cérémonie de la coiffe noire.

« Bientôt nous allons assister à la première cérémonie de la coiffe noire. Une foule de tout horizon s'était installée dans la cour de Dhagpo, après les préparatifs minutieux d’avant la cérémonie, l’entourage (ses moines) du Karmapa se rassemblait autour de lui, l’accompagnant jusqu'à son trône respectif. En suivant la cérémonie, un Lama lui présentait une boîte ronde, sa Sainteté sortit de celle-ci la fameuse coiffe noire (réplique de la coiffe céleste faite de mille cheveux de Dakinis), enveloppée dans un tissu précieux, avec délicatesse et assurance Il enleva le tissu et positionna  la coiffe sur sa tête, dans un profond soupir sa Sainteté entra en Samadhi, se manifestant ainsi semblable à l'esprit et au Corps de la divinité du Bouddha de Compassion, Tchenrezi. De sa main gauche il égraine son rosaire de cristal en psalmodiant le mantra  OM.MA.NI.PE.ME.HOUNG.

Nous étions en extase devant cette cérémonie qui se reproduira plusieurs fois à la même époque.  Frizou cite : « Dans la cour, le Karmapa donnait la cérémonie de la coiffe noire des dakinis. Après la cérémonie il déposa la coiffe dans sa boîte prévue à cet effet, à la surprise générale il la ressortit aussitôt pour une seconde cérémonie et une troisième s’ensuivit.  On apprit par la suite, que deux visiteurs assistants aux enseignements avaient offerts un don (cela se fait pour une requête) afin que le 16ème Karmapa refasse la cérémonie. A la fin de toutes ces cérémonies, Bernard Benson était tout excité, transporté de joie ; car juste avant que le Karmapa ne sorte la coiffe de sa boîte; il prit une photo, où l’on pouvait voir très clairement (après le tirage du cliché) un rayon de lumière blanche sortir de la boîte s’élevant tout droit vers le ciel  »…. 

                    

                   «  Le jour suivant une autre cérémonie de la coiffe eut lieu sur la côte de Jord, à l’emplacement futur du nouveau temple, sous une rotonde prévue à cet effet. Quelques jours plus tard une dernière cérémonie se déroulait, à Bordeaux dans un amphithéâtre. Une grande émotion de joie et de dévotion nous envahit. A la fin de la cérémonie à tour de rôle nous lui présentions l’écharpe blanche traditionnelle (kata), d’un mouvement imperceptible, mais profond Il nous donnait sa bénédiction.  Emaho ! »

Institut Karmapa - lignée, 16e karmapa       

 

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Le XVI ème Karmapa accompagné par Kempo et Lama Zigponla.

 

 

La rencontre inoubliable de fameux maîtres authentiques.

« Avant de quitté Guendune Rinpotché et la communauté, je me remémore et réalise  ce privilège que j’avais eu avec ces rencontres, ces liens si profonds et si inspirants, partagés un bout de chemin aux côtés d'autres pionniers de Dhagpo-Kagyu-Ling, laissant une petite trace de mon passage furtif. Frères et sœurs du Dharma, toutes ces amitiés  que j’ai accompagné ; recevant nombre d’enseignements et d'initiations. De la rencontre inoubliable de fameux maîtres authentiques, comme Geudunne Rinpotché, Pawo Rinpotché, Jamgom-Kontrul Rinpotché, Kalou Rinpotché, Dudjom Rinpotché, Sogyal Rinpotché,  Dilgo-Kyentsé  Rinpotché  et  bien d’autres  grands  maîtres qui, pour la plus part d’entre eux se sont éteints. Certain sont revenus parmi nous, en occident pour le bien de tous.  Avant que je parte pour l’Ecosse, lama Jigméla rassembla le petit groupe que nous étions et il nous dit: « profitez bien de maintenant car plus tard cela changera ! » Il est vrai qu’à l’heure actuelle le noyau a grandi et les contacts privilégiés se sont dissipés…Emaho !   Une autre pratique est née, celle du détachement. »

 

Bokar R.Pawo R. Gyaltsap R. Shamar R. Kalu R.           16 ème Karmapa.Sitou R. Jamgon Kontrul R.            Beru Kyentsé R. Guendunne R.(DR).jpg

 

De gauche à droite :  La Lignée.

 Le XVI Karmapa entouré des quatre régents, en partant du haut, de gauche à droite:

Gyaltsap Rinpotché, Chamarpa, Sitoupa, Jamgong Kontrul, Bérou Kyentsé, Pawo Rinpotché,

 Bokar Tulku, Kalou Rinpotché, et Guendunne Rinpotché.

 

 

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 Le 17ème Karmapa. 2013

 

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Naissance de Dhagpo Kagyu Ling 1976 ...

 

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01/02/2016
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L'éthique de l'artiste.

 

Ecrit sur  l’Art du Dharma

 

 

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L’ art  traditionnel  du Dharma prit naissance  en Inde,  à   l'époque du Bouddha  Cakyamuni.  Sculptures, thankas (peinture sur toile de coton), décoration de temple ou offrandes colorées font parties intégrantes au développement à la méditation quotidienne, un guide à la compréhension du Dharma.

 

Son origine :

                        Du plus profond de sa réalisation, l'Etre sublime, parfaitement éveillé, sans pareil égal dans le monde, sortit de sa méditation; spontanément la vision de la nature des choses se refléta dans son Esprit, comme les plumes du paon qui se déploient en un éventail à mille facettes, nous montrant sa parure multicolore. Les montagnes, les nuages, les rivières, les fleurs, les traits des déités, leurs entourages et leurs couleurs furent révélés par le Glorieux au monde humain, ainsi à travers la peinture (pour les gens peu érudits), la compréhension du Dharma à travers l'Art sacré devint accessible à tous. Cela fut parfaitement accompli.

 

                  De nos jours, l'Art sacré tibétain est resté intact, conforme à la voix monastique et à ses enseignements. Les maîtres artistes d’autrefois qui reçurent les connaissances dans ces domaines , sculpture et  peinture, propagèrent à leur tour cette discipline à leurs élèves.

Suivant la lignée spirituelle et artistique des Lamas accomplis et de leur réalisation particulière, Kagyupa, Nyingmapa, Sakyapa, ou Gelugpa,... différentes écoles prirent naissance.

 

Le guide :

                              En l'année 1959 (invasion du Tibet par la Chine) l'art religieux fut tant bien que mal préservé de la destruction massive de l'envahisseur. Certains artistes durent s'exiler en Inde et continuèrent leurs disciplines artistiques et leurs transmissions. L'influence chinoise n'a guère réussi à annihiler l'état d'esprit des artistes tibétains. ChérabPalden Béru est un de ceux-là, qui resta fidèle à la source de ces oeuvres et continua à transmettre autour de lui la tradition de l'Art sacré.  Plus tard, il s'installa en Ecosse et vécu à Samyé-Ling 1); ce centre du Dharma fut dirigé par Trungpa Rimpotché et ensuite par Akong Rimpotché; ce dernier instaura la tradition bouddhiste en créant un temple majestueux; il divulgua les enseignements propres à l'école Karma Gadri. La danse, la musique, les rituels, la peinture et la sculpture sont les principales activités de ce lieu. Le souhait de Rimpotché est de préserver la culture tibétaine dans toutes ses disciplines, sauvegarder toute la richesse de cette tradition pour les  générations à venir. ChérabPalden Béru fut choisi pour cette tâche; il enseigna son art à une dizaine d'élèves 2), qui prirent un engagement de plusieurs années d'études. Pour nous, occidentaux cela est très exceptionnel de recevoir de la main d'un Maître authentique un savoir sans mesure; par son excellence, ses qualités et son accomplissement, nous, disciples, le portons au-dessus de notre tête comme un précieux diadème.

 

1) Premier centre Karma Kagyu en Europe, fondé en 1967 par Trungpa Rimpoché et Akong Rimpoché, le nom de "Samyé" évoque le premier monastère au Tibet, établi par Padmasambhava au 8ème siècle.

 

 2) L'auteur de cet ouvrage faisait partie de ce groupe, il fut invité à suivre les enseignements de l'Art tibétain pendant de nombreuses années.

 

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 Thanka de CherabPaldenBéru. Samyé-Ling.

          

 

  Le sacré :    

                              Que dire de celui-ci, du caractère de la forme du dessin, de ces lignes parfaitement tracées par la main de l’artiste, enveloppant chaque couleur avec dextérité; il nous montre par ses formes de peinture la vision du Lama, son Enseignement et les centaines de symboles qui y sont représentés. Chaque déité peinte est bien précise dans son mouvement et dans ses couleurs avec ses propres attributs; son palais et ses décors sont inséparables de la forme principale du tableau (thanka) et font partie du Corps radieux et élégant de la divinité. Celle-ci se révèle sans ombres, sans hachure, sans relief; cela nous paraît bien plat, comme une écriture sur le papier et pourtant, dans notre esprit ces formes visualisées prennent tout leur sens; ce qui était une simple peinture devient une réalité rayonnante, quelque chose de vivant, lumineux, limpide et  transparent.

 

    Le jeu des formes et des couleurs se manifeste ainsi dans chacune de nos méditations et de nos pensées. Reconnaître ces déités peintes et leur environnement comme une manifestation de notre propre esprit, inséparable, en fusion avec notre Lama Racine est excellent.

 

     Ces nombreuses couleurs qui éclatent dans tous les sens, sans savoir où elles vont s'arrêter. La complexité de leurs lignes, qui serpentent sans fin cela nous paraît bien simple et compliqué à la fois. Chaque détail d'une thanka, d'une décoration, d'un autel ou du pilier d'un temple est très précis, comme un code, qui nous renvoie un message à travers une peinture majestueuse, pouvant prendre un sens  significatif, «la forme est vide et le vide est forme». L'un sans l'autre les choses ne pourraient exister et ne pas exister; cela exprime  le sans commencement des phénomènes et des apparences, qu'il n'y a pas de dualité entre elles. Pour cette raison, tout n'est que du domaine du sacré, rien ne peut être négligé par l'artiste, qui représente ces iconographies, même dans ses plus petits détails, comme un brin d'herbe ou une goutte d'eau. Ces représentations ont le pouvoir de transmettre quelque chose de profond aux initiés, comme aux non-initiés. Elles sont inséparables de la source, (de la création) des phénomènes du Dharmakaya, l'ultime mode d'être, incomparable, le grand symbole, l'essence même; "le Mahamoudra".

 

 

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L'offrande :

 

                               L'activité de la peinture ou tout autre mode de travail consacré au Saint Dharma, est un acte religieux. Au départ, l'élève épaulé par son guide, s'applique à faire le remplissage des couleurs et à développer la manière de dessiner, ce n'est qu'une étude préliminaire. Suivant la disposition de l'esprit de l'étudiant, de sa diligence et de l'envie d'apprendre, son professeur lui donnera un peu plus d'informations, plus de détails, en respectant les capacités propres à chacun. Ensuite, l'apprentissage deviendra moins rigide, moins artificiel, le travail se fera naturellement, les obstacles seront dissipés, ce qui laissera une disponibilité pour la méditation dans l'activité, celle de l'offrande de son travail. Les lignes dessinées, les coups de pinceaux se transformeront en de multiples univers, de terre de Bouddha, en Mandala d'offrande qui se perpétueront sans fin. Tout travail s'embellira par cet acte, libre de préjugés, sans même y penser, cela se fera simplement, naturellement. L'artiste s'unira complètement avec son action d'offrir, le mérite sera inestimable. L'attachement naturel à notre peinture, la fierté arrogante «c'est moi qui ai peint cela, je serai estimé des autres» tout ceci, se dissipera parfaitement. Comment ces états d'esprit, pourraient-ils naître, puisque sans arrière pensée, tout est offert; nous n'avons donc rien à perdre, l'esprit sera serein, notre activité deviendra comme celle d'un Bodhisattva.

 

L’élève:

                                 Une certaine disposition d'esprit serait souhaitable pour suivre une lignée d'artistes. Avoir un engagement tenace au cours de l'apprentissage, qui peut durer de nombreuses années ou toute une vie. Ne pas chercher à être un artiste pour la gloire ou la fortune, ne pas vouloir être mieux que son professeur sans connaître le sens profond de l'Art du Dharma, malgré nos efforts, accepter nos limitations s'il y en a. Etre pleinement disponible au service du Saint Dharma et de son Lama racine (de cœur). Développer assez d'humilité envers soi-même et envers les autres pour éviter les "pièges" des émotions perturbatrices, être satisfait de ce que l'on reçoit, aussi minime soit-il.

Il est possible qu'après un certain temps d'apprentissage, l'élève entre en compétition avec ses voisins ou avec le  guide; à partir de ce moment, du fait de cette disposition il ne pourra accepter les conseils et les méthodes proposés ; étant trop sûr de sa personne, un mur se construira autour de lui, alors, la communication avec le professeur, la confiance lui sera impossible, son esprit sera tendu et fermé, il ne pourra  recevoir les informations et le sens de son activité. Cela peut créer des problèmes au sein d’un groupe, comme la compétition, la jalousie, la rancune, l'orgueil, celles-ci pouvant perturber le développement adéquat pour la maîtrise de cet Art.

 

 

      L'écoute, l'ouverture d'esprit de l'étudiant à la façon de faire du professeur, sans argumenter son travail, sans vouloir toujours remettre en question ses enseignements ou avoir des doutes à son égard, seront des plus propices; l'élève devra toujours faire de son mieux et faire preuve d' assiduité, accepter ses erreurs s'il s'en aperçoit, poser des questions, ne pas s'adonner à de vains bavardages à propos de l'art, comme de faire des comparaisons avec d'autres maîtres, de la manière dont ils enseignent, juger que ceci est bien ou que ceci n'est pas bien sans connaissance de cause, que tel maître est mieux que d'autres. S'en tenir scrupuleusement aux directives du professeur que l'élève s'est engagé à suivre, ne laissant aucune place aux vues erronées; en évitant toute comparaison on évitera la confusion. Il devra parler de son professeur avec respect et gratitude, de ce fait il apparaîtra dans son esprit, les conditions nécessaires pour rencontrer la compréhension et la méthode du" maître". Quand l'étudiant aura fini son travail, avant d'en commencer un autre, il devra attendre l'approbation de son guide.

 

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 Le professeur:

 

           Malgré la maîtrise de son art et l'assurance de sa méthode il devrait se considérer lui-même comme étant toujours un élève, cherchant à apprendre de nouveau, que son activité soit celle d'un simple serviteur. Qu'il puisse éviter la pensée que ses capacités excellemment acquises ne proviennent que de lui seul. Seule la bonté des Bouddhas compatissants lui donne ces moyens habiles, pour pacifier ses émotions perturbatrices et atteindre par cela-même l'état éveillé sans retour.

Devant la demande de l'élève, le professeur devra toujours être disponible, ne pas critiquer les erreurs commises par l'étudiant, mais  les expliquer avec sagesse, humour, sans rigidité et obstination. La préférence de tel étudiant à un autre ne devra pas effleurer sa pensée; il devra les considérer à leur juste valeur et respecter les capacités de chacun. Le guide devra être ouvert à toutes les propositions et développer un travail d'équipe. Savoir noter les élèves si cela est nécessaire, pour les encourager à continuer leur apprentissage. Parfois l'esprit de compétition ou autres maux peut naître entre eux, le professeur ne devra pas en être affecté, mais devra garder son calme et essayer de canaliser le mieux  possible l'étudiant perturbé.

 

 

Si des poisons mentaux apparaissent, comme l'anxiété, la colère ou qu'il n'a pas de désir de peindre, il serait plus raisonnable de ne pas entrer dans l’activité, détendre l'esprit et demander conseil sera le plus approprié. Cette activité devrait rester aussi sereine que possible. Le travail achevé, ne pas le signer, ne pas espérer  que l'on nous regarde comme un être exceptionnel, que l'on nous glorifie. Ecouter attentivement le professeur sans chercher à le tromper en donnant nos idées, notre style personnel, sans connaître le discernement juste, ce qui altèrerait l'authenticité de notre travail. Dès lors, une transmission pourra réellement se produire, les mots deviendront inutiles, tout se fera simplement, clairement, précisément, seule l'activité rayonnera naturellement. Nous, (occidentaux), avons parfois bien de la peine à laisser "nos habitudes aux vestiaires", la place du «Je», si elle n'est pas observée quotidiennement, prend une place importante dans le domaine artistique. C'est l'une des raisons pour laquelle l'humilité initiale n'est pas à négliger. L'activité des Arts( cultuel)  n'est pas facile et risque de créer à notre insu des passions pouvant nous nuire et nous rendre aveugles. Le guide, avec ses moyens habiles, canalisera l'étudiant à bon escient ou bien celui-ci pourra avoir recours à son Lama Racine et  prendre conseil auprès de lui.

 

 

Max, Kundreul-Ling année 2000.

 

 

 « …il y a trois sortes d’artiste, l’un n'est artiste que de nom,

 l’autre croit savoir mais il ne sait pas,

et le dernier  sait, mais est avide de son savoir ».

 

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Guendune Rinpotché

 

 

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 Grâce à la bonté et à la générosité des Maîtres du passé, parfaitement accomplis dans les Arts religieux,

ceux-ci nous ont permis avec toutes nos imperfections, rendre cet Art accessible et compréhensible.

La compassion des Bouddhas est telle, que cette approche de l'Art du Dharma et de son développement,

nous permet de le répandre de par le monde, pour le plus grand bien de tous les êtres et pour la gloire
du saint Dharma.


08/02/2016
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Art sacré.

... du Bouddhisme tibétain.

 

 

                            … Etudier l’Art traditionnel du bouddhisme tibétain.

 

  « Hiver 1978, le moment était venu de partir dans un autre pays, afin d'étudier l’Art traditionnel

 du bouddhisme tibétain. Lama Zingpenla m’introduisit  auprès de Akong Rinpotché qui était à

 ce moment-là à Dhagpo. Lama Zigpenla requit auprès de ce Lama l'autorisation que je suive

 une formation dans son Centre du Dharma à Samyé-ling  en Ecosse. Par trois fois, Akong

Rinpotché refusa sa demande, Zingpenla insista en le rassurant sur ma pratique et ma motivation.

Il accepta finalement sa requête en me disant que cela ne serait pas facile, qu’il ne fallait pas que j’aie de vie familiale. 

Il me donna quelques jours de réflexion mais sans attendre et sans aucune hésitation je lui donnai ma décision positive.

Dès lors, il me prit trois mois à l’essai, séjour que je dus financer de mes propres deniers. Une grande malle, deux valises

et un sac à dos constituteraient mes bagages à emporter au fin fond de l’Ecosse. Ne sachant parler anglais, Francis (Lama Tsönyi,) me donna quelques conseils en linguistique avant de partir, en inscrivant sur des bouts de papier ce que je devais dire pour

me guider en arrivant sur le sol britannique.

 

                                

 

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                                Transmission de son savoir-faire.

 

« …Je fis la rencontre du maître d’Art Chérabpalden-Béru, reconnu par le 16ème Karmapa comme étant un très grand artiste de l’école Karma-Gadri, ayant une connaissance irréprochable du symbolisme Kagyupa et Nyingmapa. Ce personnage d’une  douceur et d’une attention toute particulière me mit toute de suite à l’aise dès mon arrivée à Samyé-Ling. Ce fut la troisième personne après mon Lama de Refuge et Akong Rinpotché (un protecteur d’une compassion étonnante) qui a joué un rôle décisif sur mon chemin spirituel et artistique. Ainsi, avec grand enthousiasme, je fus prêt à servir le Dharma à travers l’étude de l’Art sacré et du travail de la communauté.

Mois après mois, années après années sous la tutelle du maître d’art je construisais et sculptait des petits meubles et des trônes peints de façon traditionnelle….

Chérab-la était vis-à-vis de moi comme un père pour son fils. Pendant toutes ces années, il me témoigna  son affection, avec patience et générosité et il me transmit une bonne partie de son savoir-faire avec une attention toute particulière. »

 

 

 MaxArtibet, beautiful decoration. Year 2000 Part 2

 

 

 

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                                   Chérab-la au Tibet                                                               Une de ses peinture

 

Samyé-Ling. Master of art SherabPaldenBeru.

 

 

 

 

Le moudra de l’enseignement. 

 

« Avec grande inspiration je conserve toutes ses bénédictions et ces moments précieux en mémoire; avec joie j’écrivis les quelques proses qui vont suivre, relatant le parfum de l’époque de Dhagpo-Kagyu-Ling et du souvenir radieux de mon guide spirituel. »

« Quelques années plus tard, j’eus l’intention de sculpter son effigie, afin qu’à sa mort la statue puisse recevoir ses cendres, je demandais donc à Rinpotché comment je devais le représenter; il fut amusé par mon empressement  « à le mettre en boîte » et me donna les indications de la posture dans laquelle il souhaitait être représenté, avec le moudra de l’enseignement. »

 

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 De son ravissement exprimé par ces chants de Vadjra

 

            « …De  retour  en  France,   je me rendis en Auvergne pour contribuer à la décoration du petit temple de Guendune Rinpotché. Avec l’aide d’un ami anglais Lény, nous commencâmes à mettre en œuvre les travaux de décoration. Pendant ces deux mois que compta la durée du chantier, les fresques murales et l’autel (construit par Frizou et Baba) étaient drainés par un vent de bonheur, d’humour et d’éclats de rire, d’une joie intense dans tous les sens du terme s’éternisant jusqu’à la tombée de la nuit. Régulièrement Rinpotché nous rendait visite; un jour il nous tendit un plateau d’offrandes qu’il venait  partager avec nous; son visage rayonnait d’un sourire prometteur, de ce ravissement exprimé par ces chants de Vadjra, par  ces danses de Lama auxquelles il nous conviait de sa représentation. Nous étions ravis par ses expressions spontanées et recevions, entre autres son encouragement à nous « fendre le cœur ! »

Notre équipe d’artistes en herbe s’agrandit avec Michel, Aurélie, Déki, Nathalie… qui m’assistaient pour la touche finale des autels. Lény, quand à lui, devait retourner rapidement

en Ecosse. »

 

                       

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 L'équipe de déco à l'oeuvre, dans le petit temple de Rinpotché.

 

 

 

 

L’expression de leurs qualités artistiques vit le jour.

 

« …le temple du monastère des nonnes à Laussedat, était prêt à recevoir notre équipe de déco, une quinzaine "d’artistes"  ne connaissant rien à l’Art du Dharma, tout du moins au début; par la suite, l’expression de leurs qualités artistiques vit le jour.  Sous ma tutelle et accompagnés par le "savoir-faire" d’autres lamas, nous nous mettions à l’œuvre. Une année entière  suffit pour habiller l’autel et les murs du temple,  grâce à une bonne coordination et surtout par un suivi régulier  des  travaux,  auxquels  je  contribuais  en  donnant  des  cours de dessin et de peinture; chaque élève  pu apprécier à sa juste valeur le résultat de son travail. »

 

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 Le Bouddha central qui fait plus de cinq mètres de haut.

 

« …Maintenant il était temps de commencer la grande œuvre, celle du temple du Karmapa, toujours avec la même équipe nous mîmes en place plusieurs ateliers : pour Marie-Christine ce fut  la dorure et la pose de la feuille d’or, pour Michel la peinture des Mandalas, pour Jean Marc la déco murale, pour Antonio le moulage et pour moi-même la sculpture et la fonction de maitre d’ouvrage. Après avoir présenté à lama Jigméla mes dessins et accepté diverses idées pour la déco, comme par exemple son plafond avec  ses Mandalas, le plan  fait à l’échelle du grand Bouddha central qui fait plus de cinq mètres de haut. ~ Gérard s’occupa de la fabrication du Bouddha qui fut réalisé en cuivre repoussé, ainsi que d’autres statues par la suite ~. Après l’approbation de Guendune Rinpotché, il me donna toute sa confiance  pour faire cette activité. Ainsi, nous nous mîmes à l’œuvre et tout se déroula comme prévu avec la bénédiction de la Lignée. »

 

 

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Il est bon de suivre l’exemple de décoration du temple de Rumtek.

 

« …Pour le plafond central une pensée effleura mon esprit, un grand Mandala y serait

représenté, mais lequel ? Je choisis le Mandala du Kalachakra. Ainsi une fois que mes croquis furent fais, je m’en remis à Guendune Rinpotché et à sa demande je partis pour Dhagpo présenter mon travail à Lama Jigméla… ». Le choix de ce  Mandala, dans sa vaste dimension  de 1m80 de diamètre,  correspond au souhait et à la nécessité de contrer les  obstacles que constitue  cette époque  de l’âge sombre dite du "Kali Yuga " où les actions négatives sont reconnues comme des actes positifs, et les actions négatives comme positives; ainsi que les guerres, la famine, l’appât du gain …  prédominent dans le monde. Ce Mandala (protecteur), équivaut à toutes les transmissions et  bénédictions toutes particulières pour notre époque.

Je présentai cette idée et mon dessin à Lama Jigméla qui le regarda attentivement et sans hésitation il accepta le projet, ainsi que les autres plans grandeur nature des deux disciples du Bouddha qui plus tard seraient réalisés en cuivre.  Rinpotché me disait à propos de la décoration du temple qu’il était bon de suivre l’exemple du temple de Rumtek, de le prendre comme référence, ~ décoration rêvée à l’époque des travaux par le 16ème Karmapa lui-même ~. Je m'en inspirai donc… »

 

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 « …M’étant retiré  pendant une longue période de mon activité ; par la suite j’ai rencontré l’artiste tibétain Norbou, peintre de thankas , nous eûmes quelques échanges amicaux. Il me confia  que mon savoir-faire était de qualité et me convia à travailler avec lui...  Actuellement, Norbou supervise les ateliers et dirige l’activité de décoration du Temple du Karmapa »

 

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                                                                       Denzong Norbu L'artiste par excellence.

 

 

 

 J’étais bien aise d’accompagner une dernière fois mon Maître spirituel.

 

« …Un événement bien triste nous rappella l’impermanence des choses et des êtres. Notre Lama de Refuge Guendune Rinpotché quitta son corps en 1997 en Auvergne. Une grande cérémonie allait se préparer; donc avec quelques personnes de la déco nous préparions les dessins (j’étais bien aise d’accompagner mon Maître spirituel une dernière fois à travers l’art) qui serviraient pour la décoration de la caisse funéraire et du stupa de crémation, le corps de Rinpotché serait brûlé dans ce support spécialement conçu pour cela… » 

« ...Les flammes consumèrent son corps sortant au-dessus du Stupa à plusieurs mètres de haut; entre feu et air, Rinpotché  apparut resplendissant de son Corps de Dharamakaya , pour se fondre dans la demeure radieuse de l’Esprit parfaitement pur, le Mahamoudra. 

 ~  Peu de temps après sur les précieux conseils du Karmapa, de Shamarpa et d’autres Lamas tibétains, je sculptai son effigie, comme Rinpotché l’avait souhaité, avec le mudra  de l’enseignement~. »   EMAHO !

 

 

 Poster-Lama.5[1].jpg  Photo-034[1].jpg   sortie-de-retraite---Laussedat[1].jpgLama-4[1].jpg 



 

A SUIVRE....

 

 

 

  

                                                                                                


05/03/2016
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Sagesse

 

 

 

 

Motivation 

 Un choix

 

                «Pour le bien de tous les êtres! », on se place dans ce but, dans cette  motivation,  pour le  moins on  essaye de  développer  un état d'esprit allant dans ce sens, le bien d'autrui par notre pratique méditative ou notre activité. Le souhait, le voeu qui motive nos actions, n'est pas une simple pensée, une simple phrase que l'on récite dans un texte ; c'est aussi un acte qui, jour après jour, années après années, devient évident, précis, en harmonie avec nos capacités réelles. En fait il y a trois sortes de motivation, petites, moyennes et grandes

 

   Petite motivationelle relève d'un état d'esprit ordinaire, consistant à faire quelque chose pour soi-même, être reconnu et regardé comme quelqu'un de spécial, être estimé exagérément, vouloir des richesses, renaître dans le monde des dieux, avoir une vie aisée, la santé et le bonheur.

 

   Moyenne motivation: elle se situe dans la direction où l'on fait telle chose pour obtenir ou accumuler du mérite et ainsi assurer notre présent et notre avenir, purifier nos mauvaises tendances karmiques ou bien développer telles qualités (ici cela concerne les arts) pour ensuite devenir un maître qualifié, obtenir la connaissance et la sagesse à travers cette forme d'activité et souhaiter la transmettre.

 

   Grande motivation: elle est celle qui peut être formulée en deux souhaits, l'offrande de soi et la bodhicitta. 1) Utiliser son corps, sa parole et son esprit au service des autres et du Dharma, naturellement être prêt à s'offrir comme étant une grande offrande par soi-même et par son activité, sans vouloir obtenir en échange un bienfait personnel, mais se placer dans un état d'esprit d'humble serviteur (comme un valet de peu d’importance) au service des trois Joyaux et de son Lama Racine. 2) Réaliser et obtenir l'Eveil en une seule vie, développer l'activité des Bodhisattvas et choisir de renaître dans le Samsara durant des éons, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un seul être en état de souffrance dans les dix directions de l'espace.

        La motivation peut être imagée par l'exemple d'une rampe de lancement, qui nous projette comme une fusée dans une direction souhaitée et précise. Au départ, la formule de souhait peut apparaître comme artificielle, mécanique. Durant les mois, les années, et à travers les expériences de la vie, notre vraie motivation (en gardant à l'esprit «le bien de tous les êtres sans exception») se met en place naturellement dans notre esprit; elle devient une chose intime, connue profondément que de nous-même, dans notre vie quotidienne, elle se moule à nos tendances du moment, qui souhaitons-le, est désintéressée; elle se concrétise plus précisément, se met au diapason du plus profond de notre être, guide nos activités au long de cette existence et de la suivante.

 

      La motivation quel  qu'elle soit, pourrait-elle se développer à l'insu de notre propre conscience ? Cette motivation de base, qui peut se traduire dans notre pensée « pour le bien de tous les êtres », ne risque-t-on pas de la détourner subtilement par le désir d’accumuler du mérite et d’obtenir une bonne renaissance, santé et fortune pour soi-mêlme sous le prétexte du « bien pour tous les êtres » ? Cette exemple, montrent que nous ne pouvons pas être sûrs de ce que nous pensons vraiment, et de notre réelle intention à long terme, car nous sommes portés par notre égocentrisme. La motivation est aussi un engagement de notre part; elle s'assimile, se digère, se modèle et s'installe ensuite clairement et définitivement dans la durée. Elle peut changer de refrain au cours de notre existence et devenir une motivation grande, moyenne ou petite; elle joue avec nos émotions passagères en fonction du moment.

Jusqu’à la conviction ultime que tout ce que nous entreprenons, notre manière d’agir, d’exister dans ce monde, n'a de raison d'être que pour le bienfait des êtres.

 

      Le chemin spirituel de chaque personne est différent. Certain continueront leur chemin sans hésitation et feront fi des obstacles balayés par la force de leur motivation, tandis que d'autre, s'arrêteront de temps en temps en cours de chemin, pour cueillir les fleurs et boire à la rivière du Samsara. A vrai dire, tout cela dépend de notre motivation profonde, réelle, celle avec laquelle nous vivons tous les jours, sans y penser nécessairement à chaque instant; cela est comme l'obtention de "l'esprit d'Eveil" et de son accroissement, une fois formulé complètement, sans artifice, honnêtement, à nous faire dresser les poils du corps. La graine est semée, elle croît naturellement de jour comme de nuit, que l'on soit éveillé ou que l'on dorme.

La bonne motivation est importante à développer, à entretenir si l'on veut surmonter les obstacles, les embûches sur le chemin spirituel; elle nous canalise tranquillement vers le but souhaité et nous propulse en temps voulu, vers la réalisation de la Connaissance Ultime, hors des cycles sans fin de la roue du Samsara, ce vers quoi on tant, la Bouddhéité.

 

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 Transmission

   Ordinaire et Ultime

 

 

                                       La   transmission  ordinaire  se  caractérise  au  sein  d'établissements  scolastiques afin d'acquérir des connaissances intellectuelles et manuelles. Celles-ci se déroulent dans un cadre d'apprentissage auprès de personnes compétentes. Après un certain temps d'étude passé dans ces établissements et ayant obtenu un diplôme; on entreprend le métier que l'on a choisi et éventuellement on retransmet à d'autres personnes notre savoir-faire. Notre carrière tant désirée peut occuper beaucoup de place dans notre vie, surtout si nous souhaitons une promotion sociale. Tout ce savoir acquis ne durera éternellement; à la fin de notre vie nous perdrons tout, nos connaissances et notre travail; dans la vie prochaine, il faudra tout recommencer, peut-être envisagerons-nous une autre discipline, une autre activité. C'est la raison pour laquelle, cette transmission obtenue de professeurs ordinaires reste dans le cadre restreint du domaine humain, pour soi-même, sans grande force dans sa motivation et dans sa qualité.

 

      La transmission ultime est celle qui se perpétue de générations en générations, se situant dans le domaine spirituel, de maître à disciple avec le flot ininterrompu des bénédictions du passé jusqu'à nos jours. Pour recevoir la transmission authentique, l'étudiant se contentera de développer un esprit réceptif et une dévotion discrète. Il ne suffit pas d'étudier auprès d'un maître pendant quelques mois, quelques années pour recevoir sa transmission et "se donner"  l'autorisation d'assurer sa pérennité.

 

Certains êtres artistiquement peu habiles sur le moment, peuvent recevoir parfaitement la transmission du Maître d'Art. Le guide peut voir en telle personne une potentialité ou une possibilité de développer les capacités nécessaires pour son futur, devenir un bon réceptacle et être prêt à son tour de suivre le chemin et  retransmettre le savoir. Tandis que d'autres, qui auront beaucoup étudié, ne seront pas prêts à ce moment-là à recevoir cette transmission, par faute d'ouverture d'esprit ou d'accumulation de mérites.

 

        La transmission ultime on pourrait l'appeler aussi transmission du "cœur" ou transmission "d'esprit à esprit"; le Maître et le disciple doivent s'associer, s'harmoniser comme un diapason, sans fausses notes. Tenir de longs discours sur le pourquoi et le comment des choses de l'art et mener des débats à n'en plus finir, n'est pas nécessaire;  mieux vaut le silence du Maître qui peut exprimer en profondeur certaines choses qui ne seront pas nécessairement comprises de suite mais bien plus tard.

 

        Nous, occidentaux, avons trop tendance à intellectualiser et à compliquer ce qui est simple; par exemple « pourquoi telle couleur et pas une autre », « pourquoi dessiner un nuage et pas une fleur, peindre telle chose que l'on ne peut voir de loin ou préférer ceci au-lieu de cela...etc ».  Guendune Rinpotché me disait: « il ne s'agit pas de la technique d'enseigner ou d'expliquer telles choses, de connaître tel ou tel procédé, mais c’est avoir l’attitude juste ».... Pour éclaircir une situation, faire passer un message et créer l'harmonie, ceci est à méditer.

 

       Cette transmission de "cœur" est comme un fil conducteur, démarrant d'un boîtier électrique et allant à l'ampoule. Pour que celle-ci puisse s'allumer, le fil conducteur ne doit pas être interrompu en cours de route. Pour que la lumière puisse fonctionner, l'ampoule doit être aussi en bon état, prête à recevoir l'énergie suffisante pour éclairer la chambre, actionnée bien entendu par l'interrupteur qui pourrait symboliser «la motivation». Cela fonctionne de la même manière pour nous; si notre esprit se heurte à des différences matérielles ou émotions perturbatrices, les bénédictions et les réalisations 4) ne pourront faire surface.

 

            4)  Réalisation: Moment d'Eveil ou prise de conscience sur la nature réelle des phénomènes qui nous entourent, et le sens de l'activité du Dharma, qui est ici, celle de l'art religieux.

 

Une confiance et une assiduité vont de paire pour nous ouvrir  à la connaissance du guide. Ceci veut dire que tout ce que l'on aura appris développé et réalisé auprès de Maîtres qualifiés se perpétuera après notre vie. La bénédiction véhiculée à travers l'art et sa transmission continuera dans le futur, si l'on retrouve des situations propices à cela et si l'on souhaite continuer cette activité, avec pour motivation par exemple, de trouver des moyens habiles pour donner aux êtres une possibilité de tendre vers l'Eveil, de s'intéresser au Dharma par le biais du travail artistique; cela créera les situations nécessaires et les conditions favorables pour l'avenir.

 

 

 

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Art et méditation

Vision sacrée

 

 

                       Les  peintures  de thankas,  qui  représente   la  multitude  de divinités du panthéon bouddhiste tibétain, les décorations de temples, d'autels et de trônes font partie intégrante de la manifestation du Dharma. Comme un rayon de soleil qui illumine tout ce qui est dans l'ombre, elles nous montrent une manière de voir et de comprendre le Dharma.

 

   L'Art du Dharma est pur, il est source de bénédiction, un support à la pratique spirituelle. Ces symboles et ces couleurs n'ont pas été créés par un esprit ordinaire. Sous la forme du Nirmanakaya 5) les Bouddhas et Bodhisattvas ont transmis à leurs disciples habiles à dessiner, leurs visions « manifestées » du Dharmakaya 6) qui furent adaptées suivant leurs inclinations pour tous les êtres, afin de supprimer les causes de la souffrance, de la saisie égocentrique et obtenir le fruit ultime qui est l'état de Bouddha.

En plus des textes et des enseignements du Dharma, s'ajoute donc un autre moyen de compréhension, d'approche et de réflexion, à travers l'Art ce qui est source de bénédiction et de bienfait. Ainsi elle est nommer Art sacré.

 

 

 5) Nirmanakaya: corps de manifestation, troisième des trois corps d'un Bouddha. Les Bouddhas ont le pouvoir de se manifester sous une infinité de formes variées pour répondre aux besoins individuels de chaque être. Le Nirmanakaya recouvre trois types de manifestations:

              1 en tant que don ou talent dans le domaine de l'art

              2 en tant qu'être d'apparence ordinaire doué de remarquables capacités

                 pour aider les êtres; (Tulku )

              3 en tant que Bouddha incarné et exerçant son activité dans le monde,   comme le Bouddha historique Shakyamouni.

Quelle que soit la forme que revêt le Nirmanakaya, il représente la qualité de l'esprit en tant que manifestation sans obstruction. (Kalou Rinpotché "le Dharma" édition Kunchab.1989)

6) Dharmakaya: il équivaut à la réalité ultime, on le définit également comme étant la vacuité essentielle de l'esprit. Bien que sans forme et dépourvu de toute activité, il émane sous la forme du Sambhogakaya et du Nirmanakaya pour le bien de tous les êtres.

 

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                                          Peinture de CherabPalden Beru. 

 

 

 

 La bénédiction véhiculée par notre façon de voir les iconographies comme ordinaires ou simplement comme une jolie décoration nous fera recevoir d'elles une bénédiction ordinaire. Si ces peintures représentent dans notre esprit une chose sacrée, quelque chose de religieux, d'extraordinaire, avec beaucoup d'inspiration, source de l'Esprit du Bouddha, nous recevrons leurs bénédictions, leurs influences; de ce fait notre esprit deviendra plus souple, plus ouvert comme un récipient sans couvercle, prêt à recevoir les vagues de dons des Bouddhas et Bodhisattvas que sont la Connaissance, la Sagesse, la maîtrise de soi, l'inspiration à la pratique, le renoncement etc.

 

   L'activité de l'Art du Dharma est un moyen habile pour nous libérer de la vision fausse de nous-mêmes et de ce qui nous entoure, celle-ci nous canalise, nous construit et nous lie à notre nature profonde, la nature fondamentale de toute chose, le Dharmadatu 7).

 

   Les proportions des déités doivent être bien dessinées en respectant le sens canonique et les instructions des textes. Que nous fassions une représentation d'un Bouddha ou d'une fleur, dans la forme elles ont une différence relative mais au niveau ultime elles ont la même essence. Dessiner une déité ou une fleur c'est une même chose, identique en l'unique saveur, celle du Mahamoudra 8). Dans l'action et dans la manière de dessiner nous créons un "Tendrel" 9). Il est donc important de s'appliquer et être attentif. On aurait tendance à interpréter à «sa» façon, avec son opinion et à mettre «sa» touche artistique, ce qui est légitimement humain, mais si nous souhaitons purifier nos émotions perturbatrices et aller au-delà de la saisie égocentrique, cette attitude n'est pas utile.

 

   En conclusion, nous devons nous en tenir à représenter les déités du mieux  possible, celles-ci sont, comme je l'ai mentionné plus avant, source de pureté; elles sont vides d'émotion et de saisie erronée, apparences du Nirmanakaya, sources de bénédiction des Bouddhas et des Bodhisattvas. Jusqu'à nos jours, l'art du Dharma est resté authentique sans avoir reçu de modifications erronées. Il est donc nécessaire de suivre les instructions de Maîtres authentique du passé et présent en respectant le sens de ce que l'on fait, si l'on souhaite que cela perdure dans l'avenir.

 

 

7) Dharmadatu: littéralement " le domaine du Dharma ".C'est l'univers des phénomènes où tout se manifeste, l'espace infini qui embrasse et pénètre tout.

 8) Tendrel : connexion, lien, interdépendance.

 

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   Liberté

         Une seule saveur

 

 

                               Tant  que  la compréhension du  sens  ultime  de  l'Art  du Dharma  n'est pas claire dans notre esprit, les jugements et les critiques n'ont pas lieu d'être dans notre travail, cela empêcherait  d'obtenir "la liberté". Cette liberté est de pouvoir créer, d'élaborer, d'innover sans difficulté le dessin iconographique en respectant les directives iconométrique. Pour les débutants, cela semblera artificiel, restreint sans pouvoir créer les motifs par soi-même, juste "limité" à copier et à recopier les dessins que l'on reçoit. Pourtant le fait même de copier encore et encore, à long terme nous imprègne de la manière de dessiner, de peindre et nous adoptons "le style Dharma".

 

       Cette liberté nous donne l'opportunité de nous libérer de notre carapace, du personnage individuel que nous sommes, de nous-mêmes, de notre saisie du «moi» et de «l'autre». Comme par une magie enchantée, l'activité de cet art nous libère de nos vues fausses; à travers l'activité, nous nous effaçons dans un processus qui fonctionne réellement à chaque instant, nous approchant un peu plus non seulement des déités que l'on peint, mais de la Divinité qui est en nous, source de bénédiction et de libération, réalisant par cela que tout ce que l'on peint est uniquement du "Mahamoudra" 9)  et naturellement tout se libère de soi-même.

 

      Ainsi à travers nous et à travers notre activité, « les montagnes, les rivières, les êtres, ce qui "est" et ce qui "n'est pas", se libère » ce qui veut dire que cette libération des phénomènes et de notre esprit n'a qu'une seule et unique saveur, elle est non duel. Le fait de peindre et de créer des iconographies n'est que bienfait et bonheur; cela nous libère de nos tendances ordinaires; c'est ainsi que doit être compris le sens de "liberté" à travers l'action artistique du Dharma

 

 9) Mahamoudra: le symbole suprême ou le sceau suprême, il désigne la réalisation de la véritable nature de l'esprit.

 

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  Dessin à la craie, présentation de Tara blanche.

 

L'œil de sagesse

Pour le bienfait de tous les êtres

 

                    Le  corps,  la parole et  l'esprit du  Bouddha  sont  représentés dans son ensemble par le Temple, qui est le palais de la Divinité, le centre du Mandala 10).   Les décors muraux, scènes de la vie du Bouddha, de Lamas ou de différents Bodhisattvas en posture de méditation, représentent le corps de la Divinité. Les écritures de "Brama" ou mantras peints, sont la parole de la Divinité, l'Enseignement du Dharma. Le centre de l'autel principal "est" l'esprit, le coeur de la Divinité, l'autel dans son ensemble est la maison des Déités.

 

   Un temple, pourquoi pour qui ? Le fait de le concevoir dans la pensée, ensuite de le mettre en forme par un croquis et enfin de le construire, est source d'accumulation de mérite sans limites, qui défie toute les richesses du monde et celles des Dieux 11). En construisant un temple nous nous construisons nous-mêmes, de l'intérieur. Il nous donne la base excellente pour la compréhension du Dharma et nous élève hors du samsara. S'investir dans la décoration d'un temple est un aboutissement, un achèvement, une touche finale qui donne la référence, l'exemple, le chemin de la méditation et de l'éveil pour tous les êtres présents et à venir.                                                                                                                                                

 

   Construire et décorer un temple pourrait être par notre activité une finalité, un aboutissement suffisant pour nous-mêmes, une belle offrande aux trois Joyaux 12), mais, c'est aussi une offrande aux êtres des dix directions: 1  Pour les êtres des sphères divines (Deva), le temple est comme un nectar, un éveil au saint Dharma. 2 Pour les êtres égarés du Bardo 13), le temple est un refuge, un lieu de repos, une inspiration. 3  Pour les animaux, les insectes... le temple est une protection, une vague de connaissance. 4  Pour les esprits avides qui souffrent de la faim et de la soif, le temple est une nourriture du Dharma. 5  Pour les esprits malfaisants et remplis de colère, ou de jalousie comme les "Titans" 14), le temple les pacifie et les subjugue et ils deviennent des protecteurs du Dharma.  6  Pour les êtres des enfers des régions chaudes et froides, difficiles à apaiser, par la vision du temple, leurs souffrances aiguës sont apaisées, ils développent la foi dans les Enseignements du Bouddha.

 

10) Mandala: configuration symbolique complexe de toutes les énergies et manifestations d'un aspect particulier de l'Eveil.

11) Dieux: (Deva) êtres vivants dans la classe d'existence la moins douloureuse du samsara; dominés par les plaisirs des sens,

leur vie est extrêmement longue.

 12) Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma et la Sangha (communauté religieuse)

 13) Bardo : expérience intermédiaire, l'état connu par la conscience après la mort et avant la renaissance.

 14) Titans : Dieux dominés par la jalousie et la colère, constamment en guerre contre les Devas.

 

     Tout ceci pour dire que l'activité artistique du Dharma a un impact réel sur tous les êtres passés, présents et futurs. Ainsi notre travail de l'art, dans la mesure du possible ne doit pas être accompli avec impatience ou colère; le moment présent de notre travail est primordial (sans nous soucier de ce que l'on va faire plus tard, de nos peintures); il n'est pas important que notre oeil humain voie ou ne voie pas tous les détails de ce que nous peignons parce que la décoration d'un temple n'est pas une " galerie d'art", ce n'est pas le but.

 

   Le temple doit éveiller de l'inspiration à la pratique, être une archive spirituelle Artistique et faire place aux enseignements du Bouddha, une référence laissant une mémoire du Saint Dharma pour les générations à venir, une trace vivante qui file comme une étoile filante à travers les âges,

 ...à l'infini, illuminant tout sur son passage. Un Joyau précieux, source de bonheur et de bienfait.

 

 

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                                                           Kundreul-Ling, Max 1996

 

 

 

 Grâce à des pensées «d’artistes» conflictuelles surgit une inspiration,
cet écrit couché sur le papier a pour objet d’apaiser les mauvaises tendances.

 

 

 

 Présentation du Yidam, sa cause, sa fonction, son achèvement.

Conversation amélioré en fin de stage du vendredi 22 juillet 2016. Dhagpo Kagyu Ling.

 

 

        Sagesse et Compassion expression de la Bouddhéité est présentent depuis des temps sans commencement, sans fin du samsara (monde conditionné).

Elle se répand comme un soleil, illuminant tous les êtres sans discrimination, ici et maintenant, à chaque instant, aucune "chose" qui ne soit indifférenciée de la nature intrinsèque de notre profonde réalité, la Bouddhéité. Cause de l'ignorance des êtres et de ses afflictions elles ne peut être vue, réalisé instantanément. «Le rêveur ne peut sortir de son rêve,  croyant que c'est la réalité tant qu'il ne se réveille pas au petit matin».

Ces conditions développent "une distorsion" un "mal-être" de l'esprit qui véhicule (fait naître) les émotions perturbatrices; saisies, attachement, colère, jalousie, orgueil, désir, les préoccupations mondaines 8 dharmas mondains: le gain et la perte (possessions), célébrité et l'anonymat (renommé, reconnaissance,)  le bonheur et la souffrance (plaisir, soif, avidité),  louange et la critique (gloire,orgueil, l'espoir, médisance, calomnie).

 

Par la force des souhaits des Bouddhas passé, présent et futur  celle-ci ("Sagesse/Compassion") est  manifeste dans notre monde par des moyens dite " habile" qui sont l'enseignement du Dharma, la visualisation des Yidams, leurs méditations. Emergent de cette "Sagesse/Compassion", formes,  couleurs, sons (Mantra), symboles; de ses manifestations (physique) elles deviennent accessible  (compréhensibles) à notre conscience (condition) humaine, l'écoute des Enseignements et la mise en oeuvre de ses pratiques, à maturité permettent d'actualiser   notre potentiel,  Corps, Parole, Esprit du Yidam, la Bouddhéité.

 

Sculpter, peindre une divinité et ses symboles qui l'accompagnent  ouvrent l'entrée dans une relation étroite avec notre éveil sous-jacent est celle des qualités du Yidam.

L'action présente de dessiner un Yidam, un Bouddha ou toutes autres formes liés au Dharma, créer la cause, le lien qui va nous "connecter" en cette divinité interne et externe de notre corps, de notre parole, de l'esprit ordinaire accompagner par notre Lama-racine (de coeur) qui nous a conféré  l'initiation.

 

Aux prémisses du chemin de la  purification et de l'accumulation, une relation dualiste (Sujet/objet) avec la divinité  et présente. Le disciple a besoin de se situer dans l'espace « quelque chose » d’extérieur,  « moi et mon Yidam », de ce fait, celle-ci en face de nous facilitera une communion, une relation sincère pour aider à formuler notre demande,  nos souhaits, ... l'Eveil.

La dévotion à ce Yidam "extérieure" naît une relation utile, intime, naturelle à notre ascension spirituelle. 

Cette dualité (moi et mon Yidam) contre carie la manifestation des qualités du Yidam "Sagesse/Compassion", et est la raison pour laquelle s'habituer à ressentir, à visualisé ce Yidam et ses qualités étant inséparable de nous-même (de notre esprit)  sont porteur de bienfait, de bénédiction et de réalisation.

 

 

 

 

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 Dessin à la craie de SchérabPaldenBeru.

 

 

 

Dévotion, abandon, confiance (don de soi)  à la divinité et à notre Lama de coeur, aide à rendre apparent le yidam naturellement, sans effort, inséparable de nous-même; les yidams sont des vecteurs de Symboles, Formes et Couleurs; elle parachève notre profonde Nature qui est celle des qualités du Bouddha.

 

Tout ce qui nous entoure, les montagnes, les rivières, les villes deviennent le palais, le monde du Yidam, les êtres,  les situations, notre existence, "est" l'expression même de la Sagesse/Compassion du Yidam et de notre Lama (de coeur).

 

  De cette compréhension permet de "voir" autrement notre environnement et tous les êtres, ainsi s'opère "une alchimie" d'une conscience du monde humain produisant les qualités des êtres, des lieux en la personnification du Yidam et de son palais, tout "choses" est libérée par  leur propre nature, depuis toujours l'ainsité empli l'espace, infiniment. Il n'y a rien à modifier, rien à parcourir, rien à réaliser, juste ainsi, tout y est, clair, libre de toute ignorance, parfaitement,  aux delà des naissances et dissolution des phénomènes, du changement perpétuel nommé  impermanence.

  

«la forme est vide et le vide est forme»

Interdépendance  sans commencement ni fin.

 

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 Stagiaire centré.

 

 La visualisation de la pratique du Yidam (texte concis) ce fait par "petite touche":  dans le ciel apparaît  la syllabe germe du Yidam...... prends place à sa  base qui est le lotus, son assise; le Yidam est visualisé, construit  en petites parties, ses pieds, ses jambes...jusqu'à son mudra (geste du don, de la protection, de l'enseignement etc.) ses soieries, colliers, visage, coiffe, et de son entourage. Cette rencontre visuelle (mental) de la divinité alimente une perspective de sa forme qui apparaît dans l'espace en face de nous, cette forme visualisée "artificiellement" donne une nouvelle façon de voir les phénomènes en particulier  ce corps humain; le Yidam dans l'espace, est comme une apparition (une création) clair, lumineuse, apparence comme un arc-en-ciel rayonnant de par sa propre présence (nature).  Trois syllabes, OM, AH, HOUNG situer aux trois portes de la déité:  OM  de couleur blanche, se situant au front ( Corps), AH rouge, de la gorge ( Parole) , HOUNG bleu-nuit au centre du thorax (Esprit). Corps, Parole et Esprit du Yidam manifester par ses trois syllabes d'une épaisseur d'un cheveu rayonnes de leurs couleurs respectives.....nous pénètre sous forme de rayons en nos trois lieux, front, bouche, coeur, recevant ainsi les qualités du Yidam............

 

Récitant le mantra du yidam, elle nous relie à ses qualités, à sa bénédiction. et à notre potentiel d'éveil.

 

...... La conclusion de cette visualisation se termine en  faisant parvenir le Yidam dans notre corps, sous une forme lumineuse, étant indifférencié de la "Sagesse/Compassion" des Bouddhas, nous dissolvons le Yidam en nous comme un arc-en-ciel qui "s'évanouit" dans le ciel, ou un nuage brumeux qui se dissipe, nous-même nous nous dissolvons dans un espace clair et lumineux, actualisant ainsi la Sagesse et la Compassion. Inséparable des qualités de la Divinité nous restons là, libres et paisibles.

 

 

 

 

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Récitant le mantra du yidam, elle nous relie à ses qualités, à sa bénédiction.

Visualisant le yidam, elle nous relie à ses qualités, à sa bénédiction.

Dissolvant en nous le yidam, elle nous relie à ses qualités, à sa bénédiction.

Notre Lama de coeur est inséparable du Yidam.

Spontanément les êtres et le monde deviennent le Yidam dans sa terre pure.

Sagesse et Compassion s'expriment à travers le Corps, la Parole et l'Esprit du Yidam,

le disciple et sa divinité tutélaire ne font qu'un, tout est libéré !

 

 

Ho! merveille!

EMAHO!

 

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 Préparation stage de dessin, Dhagpo Kagyu Ling 2016.

 

 

 

 

 

 

 


23/03/2016
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Guendune Rinpotché, sa vie, son oeuvre.


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La vie de Guendune Rinpotché

Deux écrits sur sa vie 

 

“ Lama Guendune est comme Milarepa, de son vivant il a

  atteint l’état de Dordjé Tchang ”

 Sa Sainteté, Le XVI ème Karmapa .

 

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1er récit :

         Rinpotché est né en 1917 à Nang-Shin dans la province de Kham, à l’est du Tibet.

Cette province a la dimension de la France. C’est une région montagneuse, peu peuplée, où les distances à franchir entre les lieux habités sont importantes. Dans le Kham on trouvait beaucoup de monastères et c’est aussi le lieu d’origine de nombreux Lamas réalisés. C’est le lieu de naissance de sa sainteté le XVIème Karmapa et de Jigméla, (son neveu) administrateur de Dhagpo. Les habitants du Kham ont toujours été réputés à la fois pour leurs accomplissements spirituels, leur courage, leur audace et leur force physique. C’est là que la résistance à l’invasion chinoise fût la plus dure.

 

 Se souvenant de ses jeunes années dans le Kham, Rinpotché dit :

« Mon père n’était pas pauvre mais n’était pas riche, il était sculpteur ;  il incisait des mantras sur le bois et sur la pierre. Il sculptait aussi des mantras sur les faces des grands rochers.  Je désirais depuis le tout début trouver un Lama et pratiquer le Dharma ; je me souviens avoir pleuré des nuits entières à cause des souffrances des êtres en enfer et de mon incapacité à les aider. Dès l’âge de quatre ans je priais donc très fort pour rencontrer un maître spirituel  ».

 

« A l’âge de sept ans, Rinpotché est entré dans le monastère qui s’appelle Tchöb-Drak (littéralement, protection forte) le mot “fort”, explique Rinpotché fait référence à la grande joie qui vient d’une intense confiance en ces enseignements. “De sept à treize ans, je me suis consacré à l’étude des textes du Dharma. J’ai ensuite commencé à les mettre en pratique par des méditations; ma première retraite, à l’âge de treize ans, n’a duré qu’un mois, c’était dans une maison; la seconde se déroula dans une grotte à flanc de colline,  la troisième dans une grotte souterraine et la quatrième dans une hutte de bois conique; ces retraites avaient quelques mois de durée.

A l’âge de dix sept ans, j’ai pris les vœux de Gényèn, Gétsun et Gélung.

 (Les trois niveaux de vœux de moine), normalement, pour prendre les vœux  de moine pleinement ordonné, il est nécessaire d’avoir vingt et un ans. Chacun de mes parents m’a donc prêté deux années, ainsi j’ai pu recevoir les vœux.

Quand j’ai eu vingt et un ans, j’ai fait la retraite de trois ans, trois mois et trois jours dans le centre de retraite qui se trouvait à proximité de mon monastère. Dans la tradition Kagyu cette retraite est spécialement consacrée à la pratique des six yogas de Naropa».

 

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Rinpotché continue:

                            «A la fin de cette retraite de trois ans, j’ai passé une autre année à pratiquer dans le centre de retraite. J’ai fait ensuite des pèlerinages pendant une année et j’ai visité tous les lieux sacrés du Tibet, de retour au monastère, je me suis enfermé à clé dans une chambre où j’ai passé sept ans et demi en retraite ».

« A la fin de la retraite de sept ans et demi, mon Lama racine, Lama Kempo-Migyur m’a dit que je pouvais ouvrir la porte, sortir et faire ce que je voulais, étant arrivé à un point où je n’avais plus besoin de faire des retraites».

« Ensuite, beaucoup de monde est venu me voir en me posant des questions au sujet du Dharma, ceci m’a créé des difficultés car, n’ayant vu personne pendant longtemps, je supportais difficilement autant de monde qui me posait des questions. Je me suis alors enfermé pour faire à nouveau trois ans de retraite; à la fin de cette période, mon Lama m’a dit : «tu peux ouvrir la porte et sortir; ton attachement à la pensée s’est libéré spontanément ». Après ma sortie, j’ai eu beaucoup de rêves et de signes qui me disaient que le moment était venu de partir. Je suis parti au Tibet central avec un autre Guélong de mon monastère qui avait aussi fait beaucoup de retraites; nous sommes partis ensemble sans avoir la moindre idée de là où nous irions ».

 

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« Arrivés au Tibet central, nous sommes restés une année en retraite dans une grotte précédemment habitée par Guru Rinpotché; une fois sortis, nous avons fait une année de pèlerinage à visiter beaucoup de lieus sacrés, tous ceux du Népal compris».

« Au moment où les chinois ont envahi le Tibet en 1959, nous étions dans une grotte de Réchungpa, (l’un des deux principaux disciples de Milarepa, l’autre étant Gampopa), les chinois nous cherchant, nous sommes descendus dans un bois, au fin fond de la vallée pour nous cacher.  Nous avons appris que le Dalaï-Lama et Karmapa étaient déjà partis en Inde et que les chinois gardaient le pont qui nous aurait permis de les suivre. Après trois jours, les soldats chinois apprirent notre présence dans les bois, nous avons cherché partout une issu dans la vallée; il y avait un endroit où serpentait un petit sentier près d’une cascade, mais même ce lieu était gardé jour et nuit par des chinois armés et prêts à tirer.  Poursuivis, nous nous sommes trouvés très proches de leur camp; nous pouvions les voir manger, parler, boire du thé et garder la route. Ensuite nous avons prié les trois Joyaux avec une forte concentration et nous avons médité sur la vacuité pour rendre ainsi nos corps invisibles; ainsi, nous avons pu nous échapper en passant à travers les sentinelles, ils ne virent rien.

Quand on demeure dans la vacuité du Mahamoudra, l’invisibilité est immédiate, il ne faut pas de temps pour entrer dans cet état ».

 

Question:

Qu’avez-vous amené avec vous lors de votre voyage en Inde?

Guendune Rinpotché:

Rien que mon corps.

 

       « Après un mois de voyage, nous sommes arrivés en Inde et je suis allé voir le Joyau qui comble tous les souhaits, le Karmapa. Il m’a trouvé quelqu’un pour m’appuyer financièrement et me prêter une maison à Kalimpong. Pendant onze ans, j’ai vécu là, avec trois autres personnes, y faisant des pudjas et de la méditation continuellement, cela ressemblait beaucoup à une retraite; nous restions toujours dans le maison, parmi ces trois il y avait Pountsé-la».  « Après cela, sa sainteté le Karmapa m’a demandé de partir au Bhoutan pour être le dirigeant d’un nouveau monastère, j’y suis resté trois ans, avec Pountsé-la».

 

Puis le Karmapa m’a dit:

        « Maintenant, les Occidentaux sont sous l’emprise des émotions perturbatrices, orgueil, jalousie, etc. Ils souffrent beaucoup; il faut aller en occident et utiliser le Dharma pour purifier leurs souffrances et les libérer de leur misère ».

En revenant des états unis et d’Europe le Karmapa dit:

         « Mr Benson m’a offert beaucoup de terres; si on pouvait établir un grand centre du Dharma, cela serait très bénéfique pour les êtres des pays occidentaux ». Je répondis: « je ne sais pas enseigner le Dharma, j’ai toujours vécu seul, en méditation ». Le Karmapa insista: « Le temps est venu pour que tu agisses pour le bien d’autrui », « tu t’es accompli pour ton bénéfice personnel ne parle pas de ton incapacité, mais vas calmer les esprits des autres », « ne t’inquiètes pas des difficultés, Jigméla sera là pour t’aider…».

 

« A court terme les troubles du monde occidental seront pacifiés, à long terme, l’effet en sera que les êtres pratiquant le Dharma pourront éviter les souffrances des trois mondes inférieurs. Aussi, maintenant, je m’emploie à développer ce centre, ceci est ma tâche ».(rires)

… « D’abord, on est conçu dans le ventre de sa mère; on est presque invisible, ensuite, on nait; devenant un petit enfant, on est beaucoup aimé par tous, on devient un adulte et ensuite on vieillit, comme moi actuellement, le corps s’affaiblit, les dents et les cheveux tombent. Ensuite on meurt, le corps pourrit et disparaît, après quoi, il n’y a rien du tout ».

 

                    « Je n’ai pas d’histoire de vie, j’ai bu du thé et mangé de la stampa, et c’est tout; mes cheveux gris sont mon Mûdra d’impermanence; aujourd’hui, nous devons arroser les fleurs, elles sont entrain de sécher et de mourir comme moi, un vieil homme ».

 

 

 

 

«Je n’ai pas d’histoire de vie, j’ai bu du thé et mangé de la stampa.»

«Je suis né de ma mère, puis je suis devenu enfant, ensuite homme

et après vieux, et, maintenant me voici. (rires)»

Guendune Rinpotché

 

 

 2ème récit:

                       Lama Guendune Rinpotché est né, l’année Terre-cheval (1918) au Tibet oriental dans la région du Kham au pays de Nangtchen tout près de Singkha Dzong (forteresse de Clarté). C’est un lieu sacré où se dresse un piton de roc blanc, vénéré pour être l’endroit où naquit dans des conditions légendaires l’ascète Sangyé Yerpa qui fut nourri du lait d’une Dzo (femelle du yak), puis médita dans une grotte de la montagne et obtint la complète réalisation. Sur le flanc de ce rocher on peut voir une    “une roue du Dharma” apparue spontanément dans la pierre.

Le père de Rinpotché, Mongdjé Dargyé, était sculpteur de mantras sur bois et sur pierre. Sa mère s’appelait Gadoma et était fille de Tcahpti Lhazo.  Dès son plus jeune âge, l’enfant était éveillé à la religion. A la belle saison ses parents menaient les troupeaux aux pâturages et toute la famille vivait sous une grande tente. Le jeu favori de Rinpotché consistait à construire une hutte de branchage et de feuilles un peu à l’écart et s’y installer en posture de méditation, déclarant:

 « Je suis un ermite». Puis le jeune garçon confectionnait un siège avec de la terre, remplissait d’eau un vase, y ajoutait différentes substances, et prenant place sur ce trône improvisé, conférait des initiations tout en récitant des prières.

 

Rinpotché dit de cette période:

         « Bien que je n’eusse reçu alors aucune éducation religieuse, tout mon esprit aspirait au Saint Dharma. J’observais la vie que menaient mes parents, des gens simples et droits, mais les voyant seulement soucieux de cette existence, je me disais : toutes les préoccupations liées au monde sont inutiles  et sans lendemain. Que se passera-t-il à la mort? Une vie ordinaire ne crée rien de bon, elle ne peut conduire qu’à la souffrance.  Je réfléchissais profondément sur les tourments éprouvés par les êtres dans les enfers ou les esprits avides.  Je compris que leur condition était le résultat de leurs existences antérieures consacrées aux seules activités du monde. J’éprouvai une grande pitié pour leur détresse et je redoutai que mes parents ne connussent un tel sort à leur mort. Cette réflexion intense détourna pour toujours mon esprit des affaires du monde ».

 

« Mon père tentait bien de m’apprendre son métier, mais ses efforts furent infructueux. Je restai incapable de manier correctement les outils. Mes parents inquiets de mon avenir finirent par céder à mes requêtes répétées de trouver un maître pour apprendre le Saint Dharma et résolurent de me conduire au monastère de Tchödrak où je pourrais à la fois recevoir une éducation religieuse et être assuré du nécessaire ».     

         Vers l’âge de sept ans, Rinpotché commença donc son apprentissage de la vie monastique. Bien qu’il se conformait aux règles de la communauté,  il n’éprouvait que peu d’attrait pour les activités traditionnelles des moines: lecture et récitation de texte, confection de törmas, danses sacrées et autres études formelles. A la différence des autres moines, il ne se plaisait qu'à rester en méditation et il passa ces années à apprendre à méditer aux pieds  des grands maîtres qui demeuraient au monastère. Tout son être n'aspirait qu'aux pratiques du mantra secret, le Vadjrayana, la voie rapide de réalisation spirituelle.

Pendant cette période de formation, Rinpotché effectua quelques retraites solitaires. A dix sept ans, il reçut l’ordination monastique majeure de Guélong, et c’est dans sa vingt et unième année qu’il entra au centre de retraite Karma Kamtsang de son monastère pour y accomplir la traditionnelle retraite de trois ans et trois mois.

 

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 Animé d’une fois et d’une dévotion sans faille, il fut un réceptacle parfait de l’enseignement et il s’imprégna totalement de l’esprit de ses Lamas racine. Appliquant les instructions de pratique relatives aux Tsas et Loungs (Six yogas de Naropa), il ne porta plus qu’un simple drap de coton blanc et, par sa réalisation du yoga de la chaleur psychique, acquit la capacité de faire fondre  la glace. Même au cœur de l’hiver, il demeurait dans sa cellule sans chauffage

et y faisait régner la chaleur par la force de son samadhi.

Un autre signe de sa maîtrise de la méditation fut qu’il ne connut plus ni faim ni soif et n’absorbait que très peu de nourriture. Il obtint alors la connaissance directe et définitive de tous les états de l’esprit jusqu’aux plus subtils.  

 

Intérieurement pratiquant la Bodhicitta, il gardait tous les êtres en Amour et Compassion. Extérieurement, la perfection avec laquelle il observait la discipline du Vinaya jusqu‘aux plus infimes préceptes lui valut maints éloges et faisait de lui une source d’inspiration. Il demeurait cependant dépourvu d’orgueil et d’hypocrisie, et même lorsqu’il était l’objet de propos malveillants, il gardait sa sérénité et ne répondait que pour donner de la joie.

 

         Il résida plusieurs années encore au monastère de Tchöb-drak, observant une stricte réclusion. Il s'adonnait alors intensément à la méditation solitaire.

Sa porte restait fermée et il ne recevait comme visite que celle du cuisinier qui prenait soin de lui et gardait la clé de sa cellule.

 

 

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                                                                                                                                      Lama Guendune rinpotché.

         Drouptchen Karma, Norbou, Zangpola Namo.                                                                       

                 un des maîtres de méditation de rinpotché.                      

 

 

            Un jour son Lama racine, Tulkou Tendzin de Tchodrak, vint lui rendre visite, fit ouvrir la porte de sa cellule et lui dit:

                     « Il est maintenant temps de sortir. La méditation est parvenue à son terme, tu as obtenu la réalisation de la pratique, il n’est plus utile pour toi de rester en retraite. Tu es véritablement détenteur de la grâce et tu peux désormais accomplir le bien de tous les êtres en demeurant parmi la multitude.

Ta réalisation est immuable, tu es semblable à un roc d’or. Tu peux en être sûr. Agis maintenant selon ta propre volonté ».

 

Malgré ces paroles, Rinpotché resta en retraite. Après une deuxième visite de Tendzin Rinpotché (son Lama racine de sa vie précédente) et l’insistance pressante du Khempo Mingyour, un Siddha qui résidait au monastère et était un de ses Lamas racine, il accepta finalement de se rendre à leurs injonctions et quitta sa retraite;

         Rinpotché entreprit alors un pèlerinage, visitant les lieux saints du Tibet et du Népal, accomplissant de grandes offrandes et faisant de puissantes prières de souhaits. Après qu’une année se fut ainsi écoulée, il poursuivit sa pratique, méditant dans différentes grottes bénies par les grands siddhas du passé tels Gourou Rinpotché et Milarepa. C’est là que Rinpotché paracheva sa réalisation. Bien qu’il soit difficile à quelqu’un d’ordinaire d’évaluer la qualité d’un être éveillé, la puissance de sa grâce et le rayonnement chaleureux de sa compassion sont immédiatement ressentis.

         Guendune Rinpotché est également renommé pour sa capacité  à subjuguer et convertir les êtres non humains, esprits malfaisants, qui causent toutes sortes de déséquilibres, maladies physiques et mentales, influences néfastes et obstacles, dont souffrent les humains.

                                                       

         En 1959, lorsque les événements se précipitèrent et que l’occupation militaire du Tibet devint totale, Rinpotché se trouvait toujours en retraite.

Une divinité protectrice lui apparut alors et lui conseilla de s’en aller vers le sud, l’assurant de sa protection présente et avenir. Sans rien connaître de la route à suivre, Rinpotché partit. S’en remettant au pouvoir de refuge des trois Joyaux, il parvint à traverser les lignes chinoises et gagna l’Inde sans être inquiété par les dangers en voyage.

 

Une fois en Inde, Rinpotché s’en fut trouver sa Sainteté Gyalwa Karmapa qui lui confia la direction d’un monastère nouvellement établi au Bhoutan oriental où il demeura trois ans. Puis grâce à la bonté de sa Sainteté, il fut invité à résider chez un bienfaiteur à Kalimpong (Inde) où il vécut pour ainsi dire en retraite pendant une douzaine d’années encore. Chaque année, Rinpotché se rendait à Rumtek, au monastère du Gyalwa Karmapa. Il reçut alors de nombreuses transmissions de sa Sainteté. En 1974, alors que sa Sainteté Karmapa s’apprêtait à accomplir son premier voyage en occident, il s’adressa à Rinpotché en ces termes :

 

« Je vais me rendre en Europe et en Amérique. Les Occidentaux, ignorants du Saint Dharma, souffrent beaucoup du fait des perturbations qui agitent leur esprit: orgueil, jalousie, désir, haine… Seul le Saint Dharma peut porter remède à leurs souffrances. Les conditions sont réunies pour la propagation de l’Enseignement, c’est toi qui seras chargé de le répandre en Europe.  Il n’y a rien à débattre, je connais les signes; je sais que tu es un Lama qui a mené la pratique jusqu’à son terme. Le temps est venu pour toi d’accomplir le bien des autres ».

 

Rinpotché se souvient de sa réaction:

         « Je me sentis écrasé par la perspective d’une telle tâche; je restais muet, incapable de répondre. Sa Sainteté posa alors sa main sur ma tête et me dit:

« Un bienfaiteur, Mr Benson, m’a offert une partie de sa propriété en France.

Il faut établir là-bas un grand centre de rayonnement du Saint Dharma. Beaucoup de gens pourront ainsi accéder à l’Enseignement et cela sera très bénéfique pour les Occidentaux. Tu vas donc te rendre en Europe. Ne sois pas inquiet. Tu as le karma nécessaire à l’accomplissement de cette tâche. Le temps est venu pour toi de le mettre en œuvre».  « Je suis le Karmapa; si tu as un peu de foi dans le nom du Karmapa, tu dois croire mes paroles» conclut sa Sainteté en riant ».

 

« Je suis un vieil homme » répondis-je.

 Sa Sainteté reprit:

« Il est vrai que tu es plus âgé que moi; cependant je partirai avant toi et tu me reverras lorsque je serai enfant! Ton activité est très étroitement liée à la mienne. Tu apparaîtras encore pendant deux vies comme très proche de moi, après quoi tu manifesteras la complète Bouddhéité ».

  

 

 

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Cheminement de Rimpotché

Sous la tutelle du 16ème Karmapa.

 

         En 1975, Lama Guendune Rinpotché arriva en France et s’installa en Dordogne au  lieu élu par sa Sainteté Karmapa pour être son siège européen.   

 En 1977, lors de son deuxième voyage en Occident, sa Sainteté officialisait la donation, consacrait le site du futur monastère et donna au centre son nom définitif :

Dhagpo Kagyu Ling.  

Depuis sa venue, Guendune Rinpotché s’est consacré inlassablement à l’œuvre confiée par le Gyalwa Karmapa: transmettre le Dharma authentique aux Occidentaux. Son activité l’a conduit dans la plupart des centres du Dharma d’Europe.

 

         En 1984, l’établissement du centre de retraite de trois ans de Kundreul-Ling permit de concrétiser le souhait de sa Sainteté Karmapa, d’offrir à des hommes et des femmes ayant un intérêt affirmé pour le Dharma la possibilité de pratiquer les enseignements les plus profonds du Vadjrayana que sont les six doctrines de Naropa et le Mahamoudra, dans les conditions de transmission  les plus pures. La retraite de trois ans a pour but principal la formation de Lamas, ce qui permettra à des Occidentaux de devenir des représentants de la lignée de la pratique.
        Depuis 1986, Guendune Rinpotché dirige également le centre de retraite de trois ans de Thong Dröl Ling en Allemagne. Face au nombre croissant de personnes désireuses d'accomplir la retraite de trois ans sous sa direction spirituelle, Rinpotché a décidé d'agrandir les centres de retraite existants et d'en construire de nouveaux. Rinpotché a particulièrement à cœur la constitution et l'établissement d'une Sangha monastique. Celle-ci compte une trentaine de moines et une douzaine de moniales. Il s'efforce actuellement de créer une structure qui permette aux moines et aux religieuses de disposer de conditions favorables à leur engagement.  Guendune Rinpotché n'en néglige pas pour autant Dhagpo Kagyu Ling devenu maintenant un grand centre où sera bientôt édifié le temple souhaité par sa Sainteté Karmapa (de ce fait le temple a été construit en Auvergne, Kundreul-Ling), qui témoignera de la présence  et de la vitalité du Bouddhisme de la tradition Kagyupa en Europe.

 

       1997, un événement bien triste nous rappelle l’impermanence des choses et des êtres, notre Lama de Refuge Guendune Rinpotché quittait son corps. Un grand stupa fut préparé devant le temple pour recevoir le corps de Rinpotché, c’est la toute première fois qu’une crémation à ciel ouvert fut publique et introduite en France .

 

 

Cette brève esquisse de l’activité extérieure de Lama Guendune Rinpotché fut établie pour l’essentiel d’après les indications données par Rinpotché lui-même en réponse aux requêtes répétées formulées par les retraitants de Kundreul-Ling.

Des informations biographiques supplémentaires ont été fournies par le vénérable Lama Gawang qui est vivement remercié. (Texte Yéshé Nyngpo, Août 1989)  

 

 

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11/05/2016
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Karmapa Tcheno !

Sa douceur impressionnait, un Bouddha vivant en somme. 

 

 

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« Enfin, tout était prêt pour recevoir la visite de sa Sainteté, le trône sera installé dans la cour de la ferme  "Landrevie". De jour en jour un nombre impressionnant de personnes venues d’ici et d’ailleurs affluait vers Dhagpo-Kagyu-Ling.  Le 16èmeKarmapa, qui aura ses appartements au Château de Chaban, arrivait à bord de sa limousine noire, Il descendait majestueusement de son véhicule et longeait le chemin en terre battue décoré des huit symboles auspicieux, en direction de la maison des Lamas Il avançait avec assurance, accueilli par le son des trompettes tibétaine et de la fumée d’offrande.

Traversant la cour de son pas imposant et léger à la fois, et paraissait flotter dans l'air, sa grâce et sa douceur impressionnaient, un Bouddha vivant en somme. »

 

 

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                                                                                               Bernard Benson, donateur des terrains de la côte de Jord.

 

 

 

La cérémonie de la coiffe noire.

  

Nous étions en extase devant cette cérémonie qui se reproduira plusieurs fois à la même époque.  Frizou cite : « Dans la cour, le Karmapa donnait la cérémonie de la coiffe noire des dakinis. Après la cérémonie il déposa la coiffe dans sa boîte prévue à cet effet, à la surprise générale il la ressortit aussitôt pour une seconde cérémonie et une troisième s’ensuivit.  On apprit par la suite, que deux visiteurs assistants aux enseignements avaient offerts un don (cela se fait pour une requête) afin que le 16ème Karmapa refasse la cérémonie. A la fin de toutes ces cérémonies, Bernard Benson était tout excité, transporté de joie ; car juste avant que le Karmapa ne sorte la coiffe de sa boîte; il prit une photo, où l’on pouvait voir très clairement (après le tirage du cliché) un rayon de lumière blanche sortir de la boîte s’élevant tout droit vers le ciel  »…. 

 

                   «  Le jour suivant une autre cérémonie de la coiffe eut lieu sur la côte de Jord, à l’emplacement futur du nouveau temple, sous une rotonde prévue à cet effet. Quelques jours plus tard une dernière cérémonie se déroulait, à Bordeaux dans un amphithéâtre. Une grande émotion de joie et de dévotion nous envahit. A la fin de la cérémonie à tour de rôle nous lui présentions l’écharpe blanche traditionnelle (kata), d’un mouvement imperceptible, mais profond Il nous donnait sa bénédiction.  Emaho ! »

 

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Institut Karmapa - lignée, 16e karmapa  

 

 

 

La rencontre inoubliable de fameux maîtres authentiques. 

 

« Avant de quitté Guendune Rinpotché et la communauté, je me remémore et réalise  ce privilège que j’avais eu avec ces rencontres, ces liens si profonds et si inspirants, partagés un bout de chemin aux côtés d'autres pionniers de Dhagpo-Kagyu-Ling, laissant une petite trace de mon passage furtif. Frères et sœurs du Dharma, toutes ces amitiés  que j’ai accompagné ; recevant nombre d’enseignements et d'initiations. De la rencontre inoubliable de fameux maîtres authentiques, comme Geudunne Rinpotché, Pawo Rinpotché, Jamgom-Kontrul Rinpotché, Kalou Rinpotché, Dudjom Rinpotché, Sogyal Rinpotché,  Dilgo-Kyentsé  Rinpotché  et  bien d’autres  grands  maîtres qui, pour la plus part d’entre eux se sont éteints. Certain sont revenus parmi nous, en occident pour le bien de tous.  Avant que je parte pour l’Ecosse, lama Jigméla rassembla le petit groupe que nous étions et il nous dit: « profitez bien de maintenant car plus tard cela changera ! » Il est vrai qu’à l’heure actuelle le noyau a grandi et les contacts privilégiés se sont dissipés…Emaho !   Une autre pratique est née, celle du détachement. »

 

 

 

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De gauche à droite :  La Lignée.

 

 Le XVI Karmapa entouré des quatre régents, en partant du haut, de gauche à droite:

 

Gyaltsap Rinpotché, Chamarpa, Sitoupa, Jamgong Kontrul, Bérou Kyentsé, Pawo Rinpotché,

 

 Bokar Tulku, Kalou Rinpotché, et Guendunne Rinpotché.

 

 

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20/12/2017
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La cérémonie de la coiffe noire.

La cérémonie de la coiffe noire.

Pour le bien de tous les êtres.

   

   

  Tobga Rimpotché :

“ Le vaisseau des deux accumulations.

  Explication de la Précieuse Coiffe Noire dont la vue libère ”

 

 

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Peinture de CherabPalden Beru.

 

 

 

 

introduction

Dans le soutra du Lotus Blanc, il est mentionné:

 

Un lotus, un joyau, de la nourriture, des vêtements, des montures,

Toutes sortes d’autres choses, bien que simplement matérielles,

Peuvent malgré tout remplir des fonctions nombreuses et variées.

 

Il est dit également dans le Bodhicharyavatara:

 

Puissé-je être le remède et le médecin qui guérissent la maladie.

 

      Le pouvoir particulier des grands bodhisattvas réside dans leur courage à accomplir le bienfait des êtres ainsi que ce qui en est la cause, au moyen du jeu inobstrué de l’activité éveillée, éternelle et omniprésente qui, parce que non limitée par le temps et l’espace, apparaît là et quand il faut, pour ceux à qui elle est destinée.

    Tout ce qui va être expliqué ici se réfère à celui qui assume la charge de manifester l’activité de tous les Bouddhas du passé, du présent et du futur, le grand et véritable ami de tous les êtres, même de ceux qui n’en ont pas conscience: celui que l’on appelle le Glorieux Karmapa, le Puissant Tchenrézi, noble et sublime, dont le nom illumine comme le soleil et la lune, et dont la succession d’incarnations se manifeste sans limite. Une succession ininterrompue d’incarnations apparaît sous de multiples formes à la manière d’une roue, ornement inépuisable des corps, parole et esprit éveillés.

 

 

Les qualités des Gyalwa Karmapa

Les prophéties

        Le Puissant Mouni, qui est le guide sublime des dieux et des autres êtres, a jeté

 la fleur de la prophétie à la requête de Pal, comme le relate cet extrait du soutra du Samadhi Royal:

 

Deux mille ans après moi,

L’Enseignement apparaîtra au pays des visages rouges

Qui aura été converti par Tchenrézi.

Lorsque son enseignement déclinera,

Viendra celui appelé Karmapa,

Le bodhisattva à la voix de lion.

Il convertira les êtres par le pouvoir de son samadhi,

Et les établira dans le bonheur par la vue, l’écoute, le rappel et le toucher.

 

 Au moment où, au Tibet, le dharma aura été décrié et où l’enseignement sera pratiquement, réduit à néant, apparaîtra celui qui a pris l’engagement de proclamer, tel le rugissement d’un lion du dharma, la vérité ultime, et d’être le sixième bouddha du futur portant le nom de “”. Il est celui qui voit tels qu’ils sont le sujet et l’objet, il a obtenu le pouvoir de la mémoire parfaite et il apparaîtra comme le guide suprême qui guidera les hommes et leurs enseignera.

 

Dans le tantra du Météorite Brûlant et Courroucé, il est dit:

 

Dans le mandala parfaitement pur

Apparaîtra l’être à la renommée universelle

Appelé Karmapa, celui qui est à lui seul

Tous les bouddhas des dix directions

Et qui démontre l’accomplissement dans cette vie.

 

      Dans le mandala pur des trois aspects de sagesse (extérieure, intérieure et autre),

Celui qui réunit en lui-même la bodhicitta des bouddhas des trois temps, a la capacité, par la maîtrise des qualités indissociables de la base et du fruit, d’exprimer la perfection. Ainsi est-il loué au regard de ses caractéristiques ultimes.

    En outre, Orgyen Tsokyé Dordjé, qui est reconnu comme le second diffuseur de l’enseignement, a lui aussi clairement prophétisé le nom ainsi que le lieu de résidence du premier Karmapa:

 

Celui qui préserve l’activité de Tchenrézi,

Tusoum Khyenpa, apparaîtra

Au lieu nommé Tsourphou.

 

      Parmi tous les grands êtres détenteurs des enseignements qui sont apparus au Tibet, le pays des neiges, il a été prophétisé et il est de ce fait authentique.

 

 

La vision des trois temps

     Comment pourrions-nous évaluer sa prodigieuse vision des trois temps?

D’une manière générale, tous les grands accomplis et les érudits du Tibet s’accordent à reconnaître que le Karmapa a été la première réincarnation reconnue d’un grand maître du Tibet.

La reconnaissance d’un être si exceptionnel ne dépend pas seulement de divinations ou de simples prédictions.

Par sa sagesse omnisciente, l’incarnation précédente peut prévoir avec certitude l’endroit et le moment de sa prochaine manifestation. De plus, Elle laisse une lettre exposant clairement les circonstances de sa naissance future, telles que le nom de la famille, et d’autres indications. Puisque cette lettre seule fait autorité, c’est sur cette base que la nouvelle incarnation de cet être sublime est identifiée sans contestation.

   

    En général, tous les Karmapas désignent les réincarnations, et plus particulièrement, le seizième Gyalwa Karmapa donna de nombreuses preuves de sa capacité à identifier les trulkous.

La première fois, ce fût à l’âge de huit ans, lorsqu’il reconnut la réincarnation de Garwang Rinpotché de Sourmang en indiquant le lieu de sa naissance, l’orientation de la porte de la maison, et le fait que devant cette porte se tenait un chien de couleur fauve, et d’autres détails, aussi clairement que s’il l’avait vu dans la paume de sa main. Tout ce qu’il avait mentionné s’est trouvé confirmé ultérieurement. Il a procédé de la sorte, pendant toute sa vie pour toutes les réincarnations, avec la même précision.

 

 

L’activité consistant à discipliner les êtres

    Quand de tels êtres exceptionnels prennent naissance, comme résultat de leurs souhaits, lors de leur séjour dans la matrice de leur mère, Ils maîtrisent les activités particulières de protection de leurs disciples, de manière invisible. Presque toutes les réincarnations du Gyalwa Karmapa prononcent le mantra des six syllabes, OM.MA.NI.PÉ.MÉ.HOUNG, dans la matrice de leur mère.

  

 

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En ce qui concerne l'étude, de par leurs connaissances accumulées antérieurement, ils maîtrisent la compréhension de l'enseignement dès qu'ils l'entendent ou le voient et ont la capacité de mettre en mouvement le roue du dharma au moyen de l'initiation (qui fait mûrir) et de l'instruction orale (qui libère).  Seules ces méthodes permettent d'être libéré par la vue et par l'écoute.

 

  De plus, par le pouvoir d’un souhait spécifique, l’activité du Karmapa peut se manifester n’importe où pour transmettre le dharma. Le premier Karmapa, Tusoum Khyenpa (1110-1193) enseigna le dharma à un tigre.

  Au moment de leur mort, les oiseaux du seizième Karmapa demeuraient en méditation.   Ces manifestations sont pris à la  dérision pour les personnes qui, n’ayant pas confiance, sont aveugles; mais pour ceux qui ont une ouverture spirituelle, elles sont la source du renforcement de leur confiance en l’activité éveillée.

L’activité des Karmapas ne se limite pas seulement aux aspects spirituels, mais crée parfaitement les conditions matérielles nécessaires à la continuité du dharma. Le septième Karmapa, Tcheudrak Gyamtso (1454-1506), a fait construire plus d’une centaine de monastères pour l’étude et la pratique. Le seizième Karmapa a restauré des temples et a fait construire des monastères. L’implantation de nouveaux lieux de culte et l’édition de textes, à une époque aussi infortunée que la nôtre, sont les signes évidents de l’utilité de l’activité du Karmapa. Ainsi, est-Il un médecin exceptionnel qui sert le dharma y compris dans les aspects moins directement spirituels.

La manière dont ils mettent un terme à leur activité, suffit à planter la graine de la libération dans le cœur des êtres. Le troisième Karmapa, Rangjoung Dordjé (1284-1339), manifesta la résorption du mandala de son corps divin le quatorzième jour du sixième mois de l’année du lièvre, dans le palais de Shangtor en Chine. Le quinzième jour, au moment où la lune apparut dans le ciel, le mandala de son visage se dessina distinctement au centre de la lune pleine. La portée d’un tel signe ne peut être évaluée.

 

 

 

Explication de la Coiffe Noire.

L’origine de la Coiffe Noire.

Le Karmapa enseigne de façon spécifique, au moyen de signes personnels et d’une expression symbolique.

Dans les tantras des anciennes et des nouvelles traductions, la précieuse Coiffe dont la vue libère est dite correspondre à l’un des six moyens de libération.

D’autre part, les formes, les couleurs et les différentes matières utilisées, ainsi que la manière particulière dont sont fabriquées les coiffes des êtres hors du commun qui sont les détenteurs du dharma, ont pour origines des causes interdépendantes spécifiques.

 

Padmakara dit:

Pour les fortunés qui suivent l’enseignement et qui pratiquent continuellement le Gourou-yoga, et par là même créent des causes interdépendantes spirituelles, il est essentiel de s’efforcer à ceci. Le mode de fabrication des coiffes, les reliques qu’on y place, la manière de les consacrer, les occasions durant lesquelles elles sont portées, et leur valeur, tout ceci résulte de causes interdépendantes.

 

Ceci montre que cette Coiffe correspond à une nécessité.

    Dhagpo Rimpotché, qui a été prophétisé par le Bouddha et qui est le patriarche des enseignements de la lignée Kagyu, explique que ces coiffes sont la source d’une qualité particulière et l’essence du lien interdépendant.

 

   Celui qui est l’objet des offrandes et des louanges des êtres du monde et de l’au-delà du monde est appelé "détenteur du bienfait qui conduit à la libération" au moyen de ce dharma extraordinaire qui par la simple vue libère. Depuis l’époque où il apparût comme une émanation de Tchenrézi, dénommé Drangsong Teunpakhyé (le Précieux Sage), et où il obtint la maîtrise du samadhi semblable au vadjra, les bouddhas et les bodhisattvas des dix directions, l’ont couronné d’un diadème fait de cheveux de cent mille dakinis, comme preuve de sa réalisation.

    Dans ses incarnations successives, comme le bodhisattva Lodreu Rintchen, le mahasiddha Saraha, et le Glorieux Tusoum Khyenpa, il portait continuellement cette coiffe comme symbole de la forme même de la sagesse.

  A l’exception de quelques individus dotés de prédispositions subtiles, la Coiffe demeure invisible aux autres.

 

 

 

La Coiffe, signe de son activité éveillée pour les disciples.

  Le cinquième Karmapa, Déshin Shékpa (1384-1414), au moment du mûrissement de son activité éveillée, s’est rendu en Chine où il est devenu le gourou de l’empereur de Chine Taming Yunlo, de descendance céleste. Par l’œil pur de la dévotion, cet empereur perçut la Coiffe Noire qui ornait continuellement la tête du glorieux Karmapa. Il fit la requête de confectionner une copie de cette coiffe pour le bien de tous les êtres, ce à quoi le Karmapa consentit. Depuis cette date, elle est devenue le support visible de l’accumulation pour tous les pratiquants ordinaires.

 

 

La valeur de la Coiffe Noire.

    Notre maître  le Bouddha, que nous reconnaissons comme authentique, qui maîtrise toute la connaissance, qui possède la vision de sagesse, et qui accomplit tout bienfait, déclare dans le Lankaravatarasoutra:

 

Le détenteur de la Coiffe Noire,

Portant des habits monastiques,

Accomplira le bien des êtres sans discontinuité

Jusqu’au terme de l’enseignement des mille Bouddhas.

 

   

Puisque cette prophétie authentique se trouve exactement confirmée, n’ayons plus de doutes.

Orgyen Tsikyé Dordjé, dit également:

Une émanation de la parole de Tchenrézi viendra depuis la terre pure de Toushita pour accomplir le bien des êtres. La première incarnation, s’appellera Zangtcheu Tusoum Khyenpa, et sera le détenteur de la Coiffe Noire, diadème de sa famille, signe de son pouvoir. A chaque instant de son existence, il guidera une infinité d’êtres vers l’éveil. Tous ceux qui le verront, l’entendront, se souviendront de lui et seront touchés par lui, transmigreront devant le Noble Tchenrézi. Sa base d’émanation, la façon dont il prend naissance en accord avec ses souhaits, la certitude quant à l’origine de l’ornement de sa famille, les merveilles dont jouissent ceux qui lui sont reliés, tout ceci et le reste est clairement exposé et s’accomplit point par point.

Entrer en contact avec cette Coiffe qui libère par la vue occasionne des perceptions différentes selon l’esprit de chacun. Ceci est clairement expliqué, de manière très détaillée dans les biographies des incarnations successives du Karmapa.

 

 

Exposés des bienfaits.

   En gardant précisément à l’esprit ce raisonnement, lorsque vous entrerez en contact avec cette Coiffe dont la vue libère, l’esprit complètement unifié par la dévotion confiante, si vous en êtes capables, visualisez que par l’émanation et la résorption de rayonnements de lumière qui proviennent des Corps, Parole et Esprit du Karmapa, les deux voiles et les conditionnements accumulés depuis les temps sans commencement par les trois portes, sont purifiés. Commencez par développer cette conscience, puis pratiquez longtemps la méthode de fusion de votre esprit avec le Sien. Sinon, pratiquez la récitation du mantra Karmapa Tchenno avec une confiance naturelle.

    Méditez  la prière qui dit: “vous qui savez ce qui doit être accompli”. Puis, souhaitez que par la vertu qui vous a permis  de rencontrer dans cette vie, la Coiffe  qui libère par la vision, vous-mêmes, ainsi que tous les êtres, obteniez l’état d’indifférenciation avec le Bouddha Karmapa et Tchenrézi.

 

    Ou bien, récitez simplement les six syllabes et formulez, du fond du cœur, des souhaits afin que toutes les graines des fautes et des voiles accumulés par le désir ou la bêtise, qui poussent les êtres à se tourmenter les uns et les autres, même chez les animaux les plus insignifiants, soient purifiés. Souhaitez également  pouvoir jouir, dans cette vie, de tous les bonheurs et délices du monde, telles que la gloire ou la renommée… Formulez le souhait de ne jamais perdre, ne serait-ce qu’un instant, l’aspiration authentique, et ultimement, de renaître en Déouatchène, la terre du Bouddha Amitabha.

  Si vous faites tout ceci et que vous vous efforcez de créer des racines de vertu autant que vous le pouvez et que vous priez continuellement, tout ce que vous souhaitez sera exaucé.

 

 

 

Dans le Bodhicharyavatara, il est dit:

Même celui qui lui nuit, se lie au bonheur,

Je rends hommage à Celui qui est la source du bonheur.

 

Il en est ainsi de par les trois certitudes. A ce sujet, Orgyen Rinpotché, décrit les bienfaits pour ceux qui ont un lien avec cette Coiffe:

 

Même si elle est dénigrée par un être impur,

La connexion mettra un terme au samsara.

Puisque tous ceux qui sont liés à cette Coiffe

Par la vue, l’écoute, le rappel, ou le toucher,

En retireront tous un grand bienfait,

Nous devrions avoir foi en elle.

 

    En résumé, tout être qui verra, entendra, se remémorera ou entrera en contact avec la Coiffe, recevra en lui la graine de la réalisation et obtiendra l’état du Noble Tchenrézi, car tel est le pouvoir particulier de l’activité éveillée.

 

Selon Padmakara:

La particularité de la Coiffe Noire est

Que tous les êtres qui la voient

Sont protégés des conditions samsariques infortunées.

Qu’ensuite ils accéderont au rang de “Détenteurs de conscience”,

Ils verront, les yeux grands ouverts, le Noble Tchenrézi

Et obtiendront des qualités et un mérite égal au sien.

 

Le deuxième Karmapa, Karmapakshi, qui détenait des signes de réalisation extraordinaires, égaux à ceux des mahasiddhas indiens, déclare:

 

Pour qui verra la Coiffe associée à l’homme,

Il n’y aura pas d’états infortunés.

Quiconque entrera en contact avec ce grand bodhisattva, et cette puissante coiffe, n’aura pas à transmigrer dans les états infortunés.

Ceci, confirmé par ces paroles suprêmes, est une certitude absolue.

 

    Sans même parler des grands êtres qui comprennent les qualités des Bouddhas et des bodhisattvas, même parmi ceux qui sont complètement ignorants des causes et des caractéristiques de cette Coiffe Noire qui libère par la vue, entrer en contact avec elle développera la confiance qu’elle est quelque chose d’excellent et de véridique.

  Il est essentiel de s’entraîner à la confiance et à la vision pure de ce que l’activité éveillée des Karmapas est extraordinaire par leur engagement illimité et par le fait qu’ils ont atteint la perfection des deux accumulations depuis des kalpas innombrables.

 

Extrait d’une publication faite à Kagyu Dzong.

 

…Le Karmapa, entouré de ses moines, est assis sur un trône. Il porte, ou bien la coiffe de brocart de Gampopa, ou bien une coiffe rouge pointue que peuvent porter les Lamas qui ont une haute réalisation de la méditation. Les moines commencent à chanter. Dans leurs chants et leurs actes, ils représentent toute l’assemblée dans une requête prolongée demandant au Karmapa de manifester sa forme transcendante de Tchenrézi, le Bodhisattva de la  Compassion. Ils s’adressent d’abord au Karmapa comme Tusoum Kyempa, évoquant la lignée des Karmapas et le Yéchépa (l’aspect de suprême connaissance) de Tchenrézi. Ensuite, deux moines se prosternent et accomplissent l’offrande du Mandala, dans laquelle du riz est disposé rituellement sur un disque d’argent symbolisant l’univers tout entier, qui est offert à Karmapa-Tchenrézi. L’invocation prend alors la forme du traditionnel service aux sept branches.

 

 

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Il y a d’abord la prosternation, exprimant la dévotion à Karmapa-Tchenrézi, puis l’offrande d’une statue de Bouddha, d’un livre sacré et d’un stupa, symbolisant le corps, la parole et l’esprit de ceux qui font la requête. Chacun reconnaît ensuite ses erreurs et ses imperfections, adresse des louanges à l’activité divine de Tchenrézi, en se réjouissant de celle-ci, incite Karmapa Tchenrézi à tourner la roue du Dharma, à donner les enseignements et demande qu’il reste en ce monde et qu’il ne meurt pas. Un brocart brodé d’un Dordjé Gyadrame, symbole d’indestructibilité et d’immutabilité, est alors apporté au Karmapa et pendu sur le côté du trône. Le service aux sept branches se termine par la dédicace du bénéfice des actions des participants à tous les êtres. Un moine s’avance avec l’écharpe blanche de cérémonie. En réponse à la supplique, Sa Sainteté enlève sa Coiffe et les trompes commencent à jouer. A ce moment, il se prépare à entrer complètement en sa manifestation comme Tchenrézi, pleinement éveillé et irradiant l’énergie de la Compassion.

 

C’est maintenant la foi et la dévotion qui nous permettent de nous ouvrir, qui nous rendent accessibles à la bénédiction et lui permet de nous pénétrer. Chacun reçoit l’influence spirituelle, selon son degré de  confiance et de dévotion.

 

              Sa Sainteté prend dans la boîte le rosaire de cristal, qui n’est utilisé que durant la cérémonie de la Couronne, et ensuite la Couronne Vadjra ou Coiffe noire elle-même, place la couronne sur sa tête et répète cent huit fois le mantra de Tchénrézi OM. MANI.PADMÉ.HOUNG.  Cela parachève le lien avec son aspect transcendantal et avec l’assemblée. Ensuite, Sa Sainteté enlève la Couronne et la cérémonie se termine par les chants des moines qui dédient les bénéfices venant de la cérémonie à tous les êtres et demandent une longue vie pour Sa Sainteté.

  Après cela, ceux qui dans l’auditoire le souhaitent peuvent passer devant Sa Sainteté pour recevoir une bénédiction individuelle.

 

 

 

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20/12/2017
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De Dhagpo-Kagyu-Ling à Kundreul-Ling.

 

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-La raison d’être du centre.

-L’esprit qui a prévalu dans le Dharma.

-Comment le Dharma est arrivé en Europe.

-Son établissement et son développement jusqu’à maintenant.

 

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                  Guendune Rimpotché passa plusieurs années à méditer dans les grottes du Tibet. A cette époque il ne lui était jamais venu à l’idée de quitter sa retraite et de venir en Occident pour s’engager dans une vie d’enseignant, de donner des vœux monastiques et d’accomplir le souhait du 16ème Karmapa.

 

                  Sa manière de vivre était d’œuvrer, heure après heure, jour et nuit, en tous temps pour le bien des autres au service de tous les êtres sans exception. Cette attitude, cette pratique sont considérées comme les plus hautes, les plus nobles qu’il soit parce qu’elles n’excluent aucun être: L’attitude même d’un Bodhisattva.  C’est la raison pour laquelle Rimpotché s’était fait la promesse de passer toute sa vie en retraite jusqu’à son dernier jour.  Lorsqu’il était en retraite, plusieurs signes et indications se manifestèrent à lui, montrant les difficultés et les problèmes qui allaient apparaître au Tibet et qu’il était préférable pour lui, pour l’avenir des Enseignements et pour continuer à œuvrer pour le bien de tous les êtres, de quitter sa retraite et de partir en Inde.

 

      Malgré ces indications, Rimpotché voulu continuer sa méditation et rester en retraite. Mais un jour une divinité protectrice se manifesta. Dans cette vision elle exprimait puissamment et fermement qu’il fallait absolument s’en aller d’ici, sinon il ne pourrait pas développer sa pratique au profit des autres et que cela serait une perte pour le bien de ces êtres. Il résolut à ce moment là de quitter le Tibet et à pied il traversa l’Himalaya pour se rendre en Inde. A ce moment-là Rimpotché avait entendu dire que les chinois étaient entrés à l’intérieur des terres tibétaines en vue d’une invasion armée; aussi des grands Lamas tels que Dalaï-Lama, Karmapa, Kyensté Rimpotché et bien d’autres  s’enfuirent en direction de l’Inde.

 

Après une certaine période en Inde, Rimpotché retrouvait le Karmapa, celui-ci lui donna certaines indications, lui disant ce qu’il devait faire; Il l’établit comme abbé dans un monastère du Bouthan où il resta trois années et ensuite à Kalimpong en Inde durant onze années en semi-retraite chez un bienfaiteur laïc choisit par sa Sainteté Le Karmapa.

Pendant toutes ces années Rimpotché rencontra régulièrement sa Sainteté, tous les ans il alla à Rumtek, siège du 16ème Karmapa où il reçut des enseignements, des conseils, des transmissions et dires sur l'activité qu'il devait entreprendre.

 

      En 1974 sa Sainteté décida d’étendre son activité dans les pays Occidentaux. Pour la première fois, avant son départ, il rencontra Rimpotché en lui disant  « que l’Occident était un pays très développé matériellement et que le niveau de vie était très élevé en comparaison à d’autres pays dans le monde; malgré cela, les gens n’étaient pas très heureux et l’influence négative était extrêmement forte, ils avaient la richesse matérielle, mais n’avaient pas la richesse spirituelle ».

Dans sa compréhension sa Sainteté informa « que le Dharma serait très bénéfique et utile aux Occidentaux » « si les conditions sont réunies et mûres pour le développement du Dharma. A ce moment je créerai des endroits propices à l’écoute et sa transmission pure et authentique ».

 

Ainsi pendant son voyage il se rendit dans différents pays dans lesquels il eut de nombreuses rencontres en particulier en Europe. Constatant que les temps étaient mûrs et qu’il y avait réellement une inspiration pour la voie spirituelle du Bouddha. Il s’engagea à établir des Centres dont celui de Dhagpo Kagyu Ling.


 

 

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     A cette époque, en Dordogne, il s'avérait qu’un propriétaire d’un grand terrain, Bernard Benson fit don de sa terre pour que les écoles religieuses tibétaines puissent s’installer. En conséquence, il donna une moitié de sa propriété à l’école Kagyupa dont le chef spirituel est le Karmapa et l’autre moitié à Dudjom Rimpotché qui était le détenteur de l’école Nyngmapa. Sa Sainteté le Karmapa décida que son Siège Européen serait installé en Dordogne et serait son centre principal.

Un des grands maîtres Kagyupa, Kalou Rimpotché, expliqua très clairement que les deux traditions étaient liées comme le sont les deux ailes d’un oiseau. Il approuvait l’idée de prendre comme symbole du Centre une colombe en vol.

 

Quand le Karmapa est revenu en Inde, à la fin de ses voyages, il a rencontré Guendune Rimpotché en lui disant: « voilà  j’ai visité des pays Occidentaux et j’ai trouvé que les gens étaient intéressés par le Dharma, il y a la possibilité d’établir un Centre; un terrain m’a été offert en France, donc tu vas t’y rendre et enseigner le Dharma ».  A la suite de ces paroles, Rimpotché dit:

 

« je suis un vieil homme et j’ai passé ma vie en retraite, je ne connais pas les Occidentaux, leurs langues, les usages et leurs coutumes, je suis tout à fait ignorant de tout cela ».

Alors Karmapa lui répondit: « tu n’as pas à t’inquiéter, parce que la seule chose que tu as à faire c’est de partir là-bas et d’enseigner un Dharma authentique, parce que moi je sais que tu es  un pratiquant réalisé et que tu as les qualifications requises pour transmettre le Dharma ». « tu ne seras pas seul, mon neveu Lama Jigméla sera à tes côtés et s’occupera des affaires administratives du Centre, ton rôle sera celui d’enseigner. Tu n’as pas non plus à t’inquiéter des Occidentaux, puisque même si le Dharma n’existe pas encore réellement, tous ceux qui viendront à toi seront des gens qui ont le karma et qui naturellement auront une disposition d’esprit confiante envers tes Enseignements et comprendront ce que tu leur expliqueras; d’ailleurs tu es celui qui a le karma pour mener à bien cette activité, donc en fait il n’y a absolument rien à discuter ».

 

      Alors intérieurement, Rimpotché pensa simplement « c’est impossible, je suis complètement incapable de faire cela, pourquoi moi, un simple Lama». Evidemment, il n’osait montrer sa pensée devant le Karmapa; à cet instant celui-ci mit sa main sur sa tête, lui disant: « merci beaucoup de donner ton accord». Depuis ce temps-là, Rinpotché dit toujours: « je n’ai jamais dit que j’étais d’accord car je ne lui ai rien promis!». Pendant cette conversation, Rimpotché lui a dit, pour ne pas venir en Occident, qu’il était trop vieux pour entreprendre cette tâche. Alors sa Sainteté répliqua: « oui! tu es plus âgé que moi, mais néanmoins c’est moi qui partirai et laisserai mon Corps avant toi, bien que tu sois âgé tu vivras encore longtemps. Plus tard quand nous nous retrouverons, tu seras vieux et je serai un enfant et j’irai voir si ce que je t’ai demandé d’entreprendre à été réalisé; pour l’instant je veux que tu enseignes le Dharma à ceux qui le veulent pour approfondir leurs connaissances et pratiquer les transmissions les plus profondes qui sont celles du Mahamoudra des six yogas de Naropa ».

 

 

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     « Des Centres de retraites de période de trois ans seront nécessaires pour recevoir l’intégralité de la transmission et par cela même expérimenter le cœur des Enseignements. Ils devront consacrer leur vie au bien des autres, en dehors d’une existence ordinaire et d’un bonheur personnel. Ce lieu sera propice pour ceux qui désirent recevoir les vœux monacaux et être aux services des enseignements et des êtres ». « Un monastère sera établi, ainsi qu’un temple. Le temple ne sera pas seulement une image de la présence d’une tradition Bouddhiste où d’une tradition Kagyupa ce qui déjà représente une chose importante. Un temple est un lieu où se trouvent réunies les manifestations du Corps de la Parole et de l’Esprit du Bouddha, agissant comme support de bénédiction de la transmission de l’Eveil ».

« Les supports du Corps sont représentés par les statues, les peintures iconographiques et autres formes qui ne sont pas des supports ordinaires,toutes sortes de substances précieuses consacrées et bénies deviennent porteuses d’une influence spirituelle». «le second support, celui de la Parole, est constitué de volumes des Enseignements le Kangyour et le Kengyour.» (Sa Sainteté a été à l'origine de l'impression de tous ces volumes de la parole du Bouddha).

« Le dernier support qui est celui de l’Esprit est représenté par le stûpa (chörten) symbolisant l’Esprit éveillé. Ces édifices ne sont pas des monuments ordinaires; remplis de choses précieuses, bénies et consacrées, ils deviennent le support de bénédiction, de purification et d’accumulation d’énergie positive pour ceux qui s’en approchent et tournent autour d’eux. Cela est l’une des raisons essentielles pour qu’il y ait un temple, il faudra aussi une université pour toutes catégories de personnes qui souhaitent étudier le Dharma dans une approche intellectuelle. Une bibliothèque sera indispensable pour préserver et garder les textes en Occident ».

     

      Le monastère, le centre de retraite, le temple, la bibliothèque et l’université c’est ce qu’on appelle les cinq vœux du Karmapa, est l’origine même de tout ce qui a été entrepris ici depuis l’arrivée de Rimpotché en France.

 

      Une fois les souhaits de sa Sainteté exprimés, Rimpotché est venu directement et immédiatement en Dordogne en 1975. A cette époque, à part le terrain, il y avait peu de chose. Seules une vieille fermette délabrée et une grange étaient à notre disposition.

      Quelques cabanes en bois furent construites pour les personnes désireuses de rencontrer le Dharma dans ce lieu très précaire et sauvage; un petit groupe de disciple s’est rassemblé autour de Rimpotché et petit à petit s’est mis à la tâche.  La ferme fut remise en état, l’ancienne grange transformée en temple pour recevoir les personnes qui souhaitaient écouter, réfléchir et méditer les enseignements. Avant même que ce temple soit réalisé, Rimpotché donnait ses enseignements dans la maison des Lamas et les pudjas quotidiennes dans une minuscule chambre que seuls dix personnes suffisaient à la remplir.

                  A cette époque l’hiver était rude, parce que les sources de chaleur étaient inexistantes, le thé tibétain qui coulait à flot était le bienvenu et nous réchauffait de l’intérieur; la nourriture n’était pas en abondance, l’eau chaude et les sanitaires étaient très insuffisants.

 

      Lamas Jigméla nous a dit qu’il fallait bien profiter de ce temps car nous ne retrouverions plus les mêmes conditions dans le futur. Malgré les rudes conditions de vie, le petit groupe de résidents que nous étions était soutenu par un noyau essentiel de foi, de dévotion, ce qui nous faisait vivre à peu près normalement, grâce à la patience et à la grande compassion de Rimpotché qui nous a rendu la vie plus aisée, surtout dans l’esprit. (Chant à Dhagpo Kagyu Ling).

 

 

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      Tout au début il n’y avait rien et comme des pionniers il fallait tout commencer… Quelque chose, une histoire.

La tâche fut difficile, malgré de nombreux obstacles, d’année en année l’équipe a remarquablement bien embelli ce lieu qui est devenu l’actuel Dhagpo Kagyu Ling, le lieu de la Lignée, d'ailleurs Shamar Rimpotché avait l'habitude de dire que c'était l'époque de la Préhistoire; quand les tibétains sont arrivés ici, ils ont vécu comme les hommes préhistoriques, installant trois pierres et des brindilles pour cuire leur nourriture. Ce n'était pas seulement la Préhistoire au sens matériel mais l'esprit des gens était également plus ou moins "à une année lumière" de l'esprit de Karmapa et de la Connaissance du Dharma de Rimpotché. Graduellement par l'exemple de Rimpotché ses disciples se sont transformés en réceptacles prêts à recevoir l'élixir de ses Enseignements, et ensuite à travers leurs pratiques quotidiennes, l'ouverture au Dharma s'est ainsi développée.

 

                 En 1978 sa Sainteté est revenue en Europe, puis en Dordogne où il a célébré la cérémonie de la coiffe noire; ce qui était exceptionnel pour les Occidentaux.

 

Karmapa a rassemblé beaucoup de monde autour de lui; Il a donné les instructions à suivre pour le futur du Centre, de grandes cérémonies ont été menées en grande pompe, la signature de la donation des terres et le nom de Dhagpo-Kagyu-Ling furent officialisés. La consécration du lieu et du terrain de l’emplacement du futur temple sur la côte de Jord fut accomplie.

A partir de cette période, les choses ont commencé à se développer avec grande force.

 

Quelques années plus tard, certains disciples du Karmapa et de Rimpotché furent préparés à la retraite de trois ans, trois mois et trois jours.

 

     En 1981, il était prévu de faire les premières retraites et donc de mettre en œuvre la construction d’un monastère sur le terrain, malheureusement beaucoup d’obstacles s’accumulèrent: blocages administratifs, refus du permis de construire etc. empêchèrent la réalisation du projet. Une autre solution était de trouver une grande maison à louer ou à acheter pour enfin réaliser ce Centre de retraite. Alors, avec Lama Jigméla, nous avons visité plusieurs endroits, mais en vain; la retraite fut remise à plus tard.

      En 1983, nous avons su que Arnaud Desjardins qui avait déjà rencontré sa Sainteté Karmapa en 1985 lors d’un voyage en Inde était propriétaire d’une belle maison et d’un grand terrain en Auvergne et voulait partir de ce lieu où il avait vécu neuf années, pour s’installer dans le Sud de la France.

Un moine tibétain qui était habitué à venir ici régulièrement fit part de cette nouvelle auprès des Nyngmapas et ensuite au Centre de Guendune  Rimpotché; intéressé par cette offre, Lama Jigméla et moi-même, Yéshé, partîmes en Auvergne le 14 Juillet 1983 rencontrer Arnaud Desjardins. Il fut évident que ce lieu convenait à notre demande; aussitôt nous faisions part de notre décision à Rimpotché et sommes revenus le 15 Août en vue d’un éventuel accord du contrat de vente pour la fin de l’année. En Septembre, Guendune Rimpotché est venu donner un Enseignement à Clermont-Ferrand; puis Rinpotché, Lama Anila Rinchen et moi-même partîmes voir la maison et la propriété tant attendues.

 

 

 

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En voyant le lieu, Rimpotché décida d’en faire un centre de retraite; financièrement nous n’étions pas aisés pour acquérir cette propriété, bien heureusement il s’est trouvé qu’une personne, Gérard Godet en retraite chez les Nyngmapas, avait déjà bien aidé les Lamas tibétains comme Dudjom Rimpotché, Pawo Rimpotché (à s’installer en Dordogne) et le Centre de Dhagpo-Kagyu-Ling.

 

D’une manière “anodine”, il nous a fait un don qui nous a permis d’acheter une partie de la propriété. Quand les finances furent suffisantes nous sommes devenus propriétaires de toute la maison le 1er Janvier 1984.

 

     Plus tard les personnes qui avaient préparé la rentrée de retraite de trois ans sont venues au Bost, nom de la ferme. Il fallait transformer la maison rapidement car la retraite était prévue pour le 17 Mars 1984, sans relâche pendant deux mois et demi, nous avons rénové la maison, installé les chambres, fabriqué les “caisses” de méditation, clôturé le terrain etc.  Cette courte période fut intensive, si encore il n’y avait que cela, mais en plus, Rimpotché nous transmit ses Enseignements, ses instructions, les initiations, les “loungs” et les bases nécessaires pour la retraite.

Nos journées étaient sans fin du matin au soir, mais chacun avait une grande inspiration et des souhaits dans le cœur. Ces moments se sont passés comme dans un rêve; malgré encore quelques finitions les endroits de retraite furent prêts à la date prévue, c’est ainsi que la première retraite a commencé.

A ce moment-là un second puis un troisième groupe de novices se préparèrent pour d’autres retraites, les gens de plus en plus nombreux, s’investissaient sur ce chemin, ce qui a favorisé la construction de lieux propices à l’approfondissement du Dharma; ainsi ces énergies de groupe ont permis l’élargissement de plusieurs centres de retraites.

Malgré cela, Rimpotché, ravi de ses Centres, voulait qu’il y ait des monastères pour recevoir les futurs Lamas, moines et nonnes à leur sortie de retraite; ainsi que se construise un Temple; de cette manière, les choses se sont mises en place et Rimpotché a montré et expliqué les souhaits de sa Sainteté le Karmapa: il fallait les réaliser; ainsi depuis ces dix dernières années, Kundreul-ling lieu où tout se libère, s'est développé majestueusement.

      Toutes ces grandes constructions n’ont pas été poussées par un but mondain. Le but n’était pas d’avoir un Centre des plus importants, de devenir riche ou d’avoir un record du monde quelconque; mais tout ceci a éclos par la force des souhaits et l’expression de l’activité du Karmapa, qui est très spéciale et très particulière. Les plus grands Maîtres réalisés parmi les Bodhisattvas qui normalement se développent à travers les différentes terres d’éveil pendant des éons, jusqu’à l’obtention de l’Eveil ultime des Bouddhas, n’a pas d’égal dans l’activité du Karmapa qui a d’abord fait le chemin inverse des Boddhisattvas; Il est devenu un Bouddha parfaitement accompli comme le Bouddha Sakyamuni, ensuite il s’est engagé dans l’activité des Bodhisattvas qui avaient la puissance de celle de l’activité des Bouddhas. Cet accomplissement est tellement exceptionnel.

 

 

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Pour que cela nous soit compréhensible nous disons que la différence d’un être ordinaire et d’un Bodhisattva est comme une goutte d’eau comparée à un océan, ceci nous montre le degré de Compassion, d’activité et de capacité à œuvrer pour les autres dans l’ordre de grandeur de chacun. Ainsi il en est de même entre l’activité d’un Bodhisattva et celle d’un Bouddha, qui est l’ampleur particulière de l’activité du Karmapa, semblable à un océan.

 

                  C’est la raison pour laquelle, quand nous sommes “connectés” à cette activité, à ce Mandala, le bénéfice, le mérite est incommensurable, sans pareil dans le monde tellement est puissante la manifestation de l’Activité du Karmapa.  Exceptionnelle est aussi l’origine du nom de sa Sainteté, les dieux témoins de son éveil, comme Indra et Brama pour l’Eveil du Bouddha  Sakyamuni, virent que cet être incomparable dans son accomplissement de l’activité éveillée de tous les Bouddhas des trois temps, passé, présent et futur, était un être vraiment exceptionnel; ainsi les dieux donnèrent dans leur langue, le sanscrit, le nom de Karmapa “celui qui accomplit parfaitement l’Activité”, c’est pour cela même  que son activité, la dimension de sa Compassion et de son œuvre sont sans limite, grandioses, incommensurables.

 

Pour nous-mêmes qui travaillons ici, quelle que soit l’activité, (poser des parpaings, faire des tranchées ou n’importe quels autres travaux très ordinaires soient-ils), nos pensées, nos dires peuvent nous paraître bien simplistes, communs; en réalité ils dépassent notre entendement, parce que tout ce que l’on fait dans ce lieu, fait partit intégrante du Mandala de Karmapa, par cela même nous sommes au service de l’Enseignement du Bouddha, du Dharma et des êtres. Le fait même de vivre ici en travaillant, en pratiquant, en respirant l’air d’ici, en buvant l’eau comme dit souvent Rinpotché; on ne fait que purifier notre karma intérieur, chaque action devient une pratique et l’on crée les conditions nécessaires pour l’obtention de l’Eveil.

 

 

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       Les enseignements du Dharma ont été amenés ici, pas seulement pour un groupe de personnes ou quelques élus que ce soient mais au contraire pour un grand nombre d’êtres désireux d’écouter et de suivre le Dharma, de donner des moyens à chacun de pouvoir se développer, comprendre le sens de la vie et leur enseigner comment mettre fin à la souffrance et réaliser un état de bonheur permanent, réel.

      Le but est de transmettre ces enseignements, de les garder comme au temps du Bouddha Sakyamuni, sa valeur, sa vivacité de continuer sa transmission à travers Maîtres et disciples, sa pureté et son authenticité. C’est pour cela que Rimpotché veut qu’il y ait des centres de retraites, des monastères, un temple…

 

Son but n’est pas d’ériger un monument pour sa gloire personnelle ni de devenir le Lama le plus important avec le plus de disciples possible en Europe; Rimpotché n’est animé d’aucun intérêt personnel. Il n’a pas besoin de reconnaissance mondaine, sa seule préoccupation est d’implanter le Dharma en Occident pour que pendant des milliers d’années à venir, l’Enseignement du Bouddha puisse se transmettre de façon juste et parfaitement.

 

      Pour que cela puisse se faire, il est nécessaire de trouver des personnes engagées sur le chemin qui auront reçu une formation suffisante et compris le sens profond des enseignements, les pratiquer et en avoir une expérience sans que leur authenticité et leur pureté ne soient altérées. Ensuite pouvoir enseigner à une ou plusieurs personnes qui souhaitent suivre et pratiquer les enseignements, que cela leur soit profitable et aider chacun là ou il est, sans exception.

Ceux qui sont comme nous ici, “connectés” à cette activité de diffusion, devraient avoir présent à l’esprit que cette perspective est une chose vraiment grandiose; elle n’est pas limitée à cette vie, à ce corps, à ce que nous faisons maintenant. Elle doit être motivée par le désir d’aider autrui, dirigée par une grande compassion, durable et une activité sans mesure, infinie.  Si cette motivation est partagée et ne devient pas un intérêt personnel, si l’esprit et notre vision vont dans le même sens, une harmonie s’installera naturellement parce que l’on va tous dans la même direction, le même but. La raison d’être de tout ce que l’on fait ici, c’est le souhait de sa Sainteté Le Karmapa et de Rimpotché.

 

      En Dordogne, depuis plusieurs années, Rimpotché a préparé des disciples à travers des retraites afin que sa vision et celle de sa Sainteté se reflètent dans l’esprit de chacun et puissent être le crochet d’inspiration de l’envol de l’activité des Bouddhas.

Même un Lama réalisé, pleinement éveillé, ne peut rien faire tout seul. Le Lama ou le Bouddha naît avec son Mandala, son environnement, avec ses disciples qui ouvrent le chemin pour que l’activité souhaitée se manifeste spontanément. Ainsi chacun de nous, qui sommes en relation de près ou de loin avec ce Mandala, fait partie intégrante du Mandala de Karmapa.

 

Personne n’est plus important que l’autre, tous ont une place respective et s'il en manque une, la conception du Mandala et son activité en serait endommagée comme un maillon manquant d’une chaîne qui amputerait le mouvement d’une roue.

 

C’est l’esprit de l’ensemble qui est l’idée directrice du mouvement, du fonctionnement de la communauté, à la fusion créatrice de l’activité; ainsi les choses peuvent se faire; sinon, étant donné qu’il y a autant d’opinions, d’idées… que d’individus, chacun voulant imposer les siennes toujours au détriment des autres, le résultat de ces actions ne ferait que des combats de force, il n’y aurait rien de concret et de constructif.

                  C’est grâce à une vision saine, triomphante de l’emprise des émotions perturbatrices que nous pouvons, suivant nos propres capacités, créer un lieu, un environnement propice à l’éclosion et à l’établissement du Dharma: c’est l’essence de la Bodhicitta, qui donne le corps, la parole et l’esprit pour le bien de tous les êtres sans exception même au péril de sa vie; c’est la première Paramîttha, celle de la générosité.

 

                  Il faudrait toujours l’avoir à l’esprit; même si des erreurs s’installent à notre insu nous resterons néanmoins dans la direction juste, l’idée de générosité est très simple, l’idée profonde du début, l’embryon d’un société éveillée, c’est ce que nous sommes en train de construire ici. Par rapport au monde mondain, au Samsara, c’est complètement à contre sens, car chacun cherche son avantage sans partage, qu’importe si nous détruisons autrui, le plus important pour un être ordinaire c’est avoir et garder un bonheur pour soi-même, l’attitude est que l’on a toujours raison, « je connais les bonnes choses et les autres ne savent rien» «j’attire tout ce qui est agréable vers moi, tout ce qui est désagréable je le donne volontiers aux autres» «je recherche  gloire et beauté au détriment de mon entourage ».

                  L’attitude du Dharma; est tout à fait le contraire «les autres sont plus importants que soi-même» «je fais tout mon possible pour prendre sur moi les souffrances des êtres et donner du bonheur», créer sans découragement les conditions à leur épanouissement, considérer même une fourmi plus importante que soi-même et faire en sorte que je sois comme le serviteur pour chaque être, quel qu’il soit, dans les dix directions. Après un certain entraînement de l’esprit, cela devient évident, naturel et spontané; accepter cet apprentissage que l’on soit un tel, vivant ici ou ailleurs, quoi que l’on fasse d’une manière ou d’une autre nous serons soumis à cet entraînement qui, par une sorte d’alchimie de la conscience, nous apportera une vision sans effort du monde et des êtres différents, avec un regard altruiste et un dévouement sans limites.

 

      Pour que la transmission se perpétue sans défaillance, un Lama excellent et un disciple aux conditions requises devront avoir une relation juste et équanimité, le disciple se doit d’accepter la parole du Maître sans méfiance, le Dharma pourra se transmettre sans faille.

 

 

 

 

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Sans orgueil, soumettre corps, parole et esprit à la disposition du Lama, sans aucun doute ou autre idée fausse à son égard. Seule une dévotion une foi le portera, non seulement à la “porte” du Lama, mais à l’intérieur de sa “maison”, ainsi la Transmission du Dharma pourra se transmettre sans faille.

Le rôle et la raison d’être du Lama c’est sa Compassion, une volonté d’aider autrui; son ouverture d’esprit permet aux disciples de le rencontrer, de comprendre ses paroles, ses conseils et de progresser spirituellement dans la vision du Lama.

 

Ultimement le Lama n’a pas besoin d’enseigner ou d'avoir un disciple pour lui-même; il est là, dans son activité seulement pour les êtres qui l’entourent et qui désirent recevoir sa Connaissance. Bien entendu le Lama, comme le disciple doivent recevoir des “ordres” d’un être, d’un degré plus profond, plus éveillé que lui, comme le Karmapa qui a donné, si on peut ainsi dire “l’ordre” à Rimpotché de venir en Occident apporter le Saint Dharma. Cela peut paraître être une situation hiérarchique; en fait, plus on s’engage spirituellement, plus on comprend la nature des choses, plus l’accroissement de notre connaissance s’éveille et notre engagement devient de plus en plus fort.

Cette situation pourrait nous paraître prisonnière, de l’éveil au lieu d’être du Samsara; mais c’est être “prisonnier” de l’obligation d’aider tous les êtres.

Le Lama choisit, nous dicte,«va faire ainsi» ou «fais telle chose» pour être bénéfique aux autres; cela est ainsi, dans l’ordre des choses et plus nous sommes ouverts aux conseils du Lama plus nous devenons libre, libérés de l’ego, sinon notre emprise à un soi est ensevelie dans des émotions perturbatrices. En s’engageant de cette façon, l’ego glorifié au départ a moins d’emprise sur notre dite personne et ensuite, par palier, la conscience se libère de la saisie à un «Je» qui apparaissait si important.

 

      Par contre moins on s’engage sous la tutelle du Lama, plus on laisse notre soi “important” prendre du terrain. On a l’impression d’avoir plus de liberté, mais en fait nous devenons esclaves de l’intention de l’ego, de son “territoire” de son égoïsme et de son intérêt personnel, ne recevoir d’ordre de personne, ainsi nous pensons être normal et nous nous comparons à l’image d’une société, avec tout ce qu’elle a de bonne et sécurisante, activée par une certaine ignorance et qui donne souvent des situations chaotiques et des souffrances dans lesquelles le bonheur n’est que de courte durée. Plus nous pensons à nous-même et moins il y aura de bonheur réel.      

 

 

Si nous nous engageons pour les autres le bonheur sera inestimable, par ce chemin on obtient une liberté absolue sur tout, sur soi-même, sur les êtres, sur les phénomènes et sur la mort, l’au delà de toute chose; cet approfondissement cette conscience paraît de plus en plus évidente et naturelle. En même temps nous sommes plus responsables des autres, de leur comportement. Nous devenons dépendant des autres comme une mère qui veille sur ses enfants avec compassion quels que soient leurs caractères et dépendant des trois Joyaux qui nous permettent d’agir convenablement pour le bien d’autrui.

Cette responsabilité vis-à-vis des êtres, se manifeste par l’Amour et la Compassion; cette “dépendance”, c’est la compréhension de l’interdépendance qui est le point de départ de la liberté.  Si nous sommes ici sans développer cette compréhension, cette volonté de donner, on risque d’en souffrir. La seule et unique motivation que l’on pourrait avoir à Kundreul-Ling c’est de consacrer notre vie, nos activités notre savoir-faire uniquement au bénéfice des autres et non pour nourrir nos intérêts personnels. En un mot «pour le bénéfice de tous les êtres».

 

      Dans la communauté, certains doivent décider parce qu’ils ont la compétence et l’expérience et d’autres, accomplir en acceptant et en obéissant à ces conseils qu’ils développeront à leur tour, cela est nécessaire au bon fonctionnement du Centre afin de pouvoir réaliser l’œuvre grandiose de sa Sainteté le Karmapa et de Rimpotché.

La Sangha monastique représentée par les moines et les nonnes n'est pas là pour faire joli dans le paysage; la raison est plus profonde : Depuis l’origine, au, temps du Bouddha Sakyamuni, deux choses ont été dites : « Quand je serai passé au Paranirvana, après ma disparition physique dans ce monde, seul le Lama spirituel représentera le Bouddha, il portera en son sein ses qualités éveillées et sera la continuité de la transmission du Bouddha »  «Là ou il y aura la réunion d'une communauté seulement avec quatre disciples ayant les vœux monacaux l'Esprit du Bouddha sera présent c'est-à-dire que le pouvoir du Refuge qui est l'essentiel des trois Joyaux, le pouvoir de bénédiction qui naît de la communauté monastique si petite soit-elle seront la source qui permettra aux Enseignements et aux Transmissions d'en jaillir ».

 

 

      C’est ainsi que le Karmapa et Rimpotché ont voulu qu’il y ait une Sangha et des monastères afin que le Dharma puisse s’établir et être expérimenté par tous.  …Rimpotché aurait préféré vivre en retraite dans sa grotte et y mourir, comme tous ceux qui ont pratiqué et souhaité  vivre en retraite jusqu’à la fin de leurs jours. Mais personne à l’époque n’avait idée de l’ampleur de cette fondation religieuse et grâce au dévouement de Rimpotché et de ses disciples, ce lieu deviendra une source de bonheur pour les êtres passés, présents et futurs.

 

 

 

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              Rimpotché nous a répété pendant très longtemps que l’avenir du Centre était lié à deux choses essentielles. D’une part, le fait qu’il y ait entre nous une unité, que l’on partage le même esprit, l’intention et la vision de Rimpotché et de l’autre l’importance de continuer quotidiennement la pratique après le retraite pour garder le bienfait et ne pas en perdre le sens; de temps à autre il est souhaitable de faire des petites retraites, sinon nous risquons d’avoir l’esprit étroit et sec et nous n’aurions plus rien à donner; c’est pour cela que les Lamas doivent toujours continuer leurs méditations afin que la fusion de la bénédiction soit toujours aussi vivace et garde toute sa fraîcheur et sa pureté, en effet tout risque de s’arrêter si l’abandon s’installe.

                  Rimpotché nous a transmis également le fait que, si la pratique continue, si nous gardons le lien, ensemble, les aspects matériels, l’argent, l’avenir de ceci où de cela, tout se développera  et viendra de lui-même, spontanément sans effort. L’on voit bien par exemple depuis déjà de nombreuses années qu'un donateur allemand Mr Dornier, aide beaucoup le Centre; celui-ci a une relation particulière avec Rimpotché et d’autres donateurs se proposent aussi pour aider, ainsi les souhaits de Rimpotché se concrétisent sans obstacle.

C’est donc de la responsabilité des Lamas de continuer et d’entretenir leurs pratiques. Cela doit être compris par les laïcs qui vivent ici, car ils auraient l’impression que les Lamas que l’on voit très peu à l’extérieur des monastères passent leur temps à dormir, qu’ils ne font rien de la journée, il faut savoir que même dans leur sommeil, les Lamas sont en activité spirituelle constante ; ils ont de grandes responsabilités.  Pour nous, laïcs, on a tendance à ne voir que soi-même, à croire qu'il n’y a que nous qui fassions des choses; la tendance d’esprit que les autres en font moins ou qu’ils passent leurs temps à rien faire.

 

      L'objet du Dharma est justement  de regarder notre motivation, faire face à nos émotions, à la colère à la jalousie, à l’ignorance. Souvent nous n’avons pas conscience qu’elles sont présentes et pourtant elles sont là; la difficulté du Dharma consiste à apprendre à se regarder soi-même et éviter de voir les défauts seulement chez les autres. L’attitude juste est d’apprendre à voir que les êtres qui nous entourent ont des qualités et que nous-mêmes sommes pleins de défauts. Si l’on arrive à faire cette alchimie de la conscience, les qualités d’autrui seront évidentes et se manifesteront quelles que soient leurs attitudes envers nous.

Ainsi nous aurons beaucoup plus confiance, nous serons plus ouverts vers les autres. Nous donnerons la possibilité à chacun de s’exprimer.

 

Dans cette ouverture d’esprit les relations deviennent plus bénéfiques plus positives,  harmonieuse et spontanés. C’est une forme de pratique que l’on doit développer et entretenir suivant le rythme et les capacités de chaque être.

 

         

 

Ici s’achève l’histoire de la naissance de Dhagpo Kagyu Ling, au développement de Kundreul-Ling en concordance avec les souhaits de sa Sainteté le 16ème Karmapa
et  de Guendune Rimpotché.  

~ Historique  donné par Yéshé, dans le petit temple de Rimpotché, en Février 1995.

~ Retranscrit d'après l'enregistrement de l'auteur de ce  présent ouvrage.


21/12/2017
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Mon maître d'art feu-Sherabpalden-beru, âgée de 101 ans.

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Shérab-Palden-Béru qui a fêter au mois d'Aôut 2011, ses 100 ans.

 

Vidéo:

http://www.youtube.com/watch?v=KX7jqyzaEXg

https://www.youtube.com/watch?v=ytfNsdM5_zU
 

 

 

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HOMMAGE

… En ces circonstance  du décés de notre maître d’art à l’âge de 101 ans, je compatie avec tous, de cette  disparition naturelle du corps humain. Shérab-la a été un être d’exception, et je suis très reconnaissant de sa patience et indulgence qu’il m’a montrés. Maintenant nous avons une grande responsabilité de transmettre suivant nos aptitudes son savoir-faire qu’il nous a transmit avec équanimité. Uncle Shérab a toujours était présent dans mon esprit et encore maintenant à travers mon travail. Je n’ai pas pu être présent le jour de sa crémation, mais ma pratique était présente ce jour là.

Les mots ne seront jamais assez puissants pour décrire Uncle Shérab. Dans ma vie présente trois êtres ont était très important : Lama Guendune rinpoché, Tulku Akong et Shérab-la, sans leurs bienveillance je n’aurais pu développer un peu de qualités artistique lié au Dharma et par cela développé beaucoup de mérite grâce à cette précieuse aide.

 Shérab-la  est dans une terre pure ou une renaissance heureuse dans le monde…      

 

                                                                                                                                           Max

 

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  EMAHO !
 


21/12/2017
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Première présentation du centre tibétain,1976.

 Il y a 40 ans, Dhagpo Kagyu Ling est née.

 

 

 

 

 

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 Quelle épopée.....

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 Démolition de la grange qui deviendra le petit temple,

Guendune Rinpotché accompagné du moine Luigi....attentif aux travaux et Frizou sur l'échelle.

 

 

 

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Publication-Dhagpo-1976[1].jpgProg-1[2].jpg

1er programme" archaïque" de Dhagpo ...

 


Prog-2[2].jpg...qui de son premier nom Pema Chö Ling.
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Programme-1976-Dhagpo-2[1].jpg
Programme-1976-Dhagpo-3[1].jpg

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21/12/2017
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